06/09/2016

Pierre Ponce ou Pilate Maudet

Quand Pierre Maudet déclare dans la Tribune de Genève avoir "été interpellé directement par Lisa Mazzone" (on appréciera le choix du verbe) et lui avoir "confirmé que dans ce cas ordinaire (...) aucuns moyens démesurés, ni contraintes, ne seraient employés à l'encontre (de la famille Musa)  mais qu’il ne pouvait ni s’inscrire en dehors du cadre légal, ni s’immiscer dans l’opérationnel», cela appelle deux commentaires, outre le scandaleux cynisme de la déclaration du Conseiller d'Etat. 
 
La première réflexion porte sur le cadre légal que Pierre Maudet invoque pour s'affranchir de cette arrestation sournoise, digne d'un guet-apens de série Z. Rien dans la politique que prônent Pierre Maudet et ses amis PLR ne vient se dresser contre cette loi, aucune tentative de la changer ou simplement de l'assouplir. Si la loi n'est pas humaine, il faut changer la loi, pas l'humanité. Le "c'est pas moi c'est la loi" de Maudet n'exprime que sa lâcheté complice, dans la ville patrie de Dunant, qui vit en d'autres décennies un Conseiller d'Etat accompagner par la main un enfant à l'école dont les parents étaient menacés d'expulsion. 
 
Hormis cette forfaiture, et tout aussi préoccupante, l'apparente impuissance du Conseiller d'Etat nous avouant sans sourciller ne pouvoir "s'immiscer dans l'opérationnel", alors qu'il est à la tête du Département de la Sécurité.
Mais à quoi donc est-il payé si ce n'est pour précisément "s'immiscer", pour donner des directives, éventuellement en annuler certaines ? Plus prompt à demander la démission d'un chef de service, afin de couvrir ses propres errements, qu'à venir en aide à des frères et sœurs fuyant la guerre, qu'un malheureux point de règlement européen sépare.
 
Cette administration-là, quand elle est bornée est inhumaine. Et cette grenouille cantonale qui veut un jour se faire aussi grosse que le bœuf fédéral n'a finalement que les habits tristes d'un employé de préfecture qui, autrefois, envoyait des enfants dans des trains de sinistre mémoire. 

 

14:09 Publié dans Genève, Sécurité, Social | Tags : pierre maudet, expulsion, musa, loi, sécurité, genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/08/2015

MOTS DÉMODÉS

Il a le regard franc dit-on. Celui des carnassiers, pas d’un pitbull, non. D’un loup. Le regard du loup, ce fameux loup qui en est un pour son prochain.

Le menton conquérant semble fait pour fendre les flots. Moins chaloupe (encore moins galère) que hors-bord. Il dépasse rarement le cadre, mais comme tout homme d’exception, quand il le fait, il le fait bien.

Il est jeune. Tiens, cela fait bientôt vingt ans que l’on dit qu’il est jeune, c’est dire.

Il a des valeurs :

  • La défense des minorités en est une. (A Genève, les nantis sont encore une minorité.)

  • Il prône la justice sociale. (Plus dans l’exercice du pouvoir judiciaire sans doute que dans le principe moral de droit et d’équité.)

  • Quant à la liberté humaine, il la met en avant pour favoriser l’entreprise individuelle.

Et il est ambitieux ; on lui prête une destinée fédérale, mais c’est connu on ne prête qu’aux riches. Nul ne sait s’il y pense en se rasant, néanmoins il lui faudra marquer des points, prendre une dimension extra-cantonale, et l’on sait bien que ce n’est pas en nous surveillant avec des caméras de protection, ni en nous protégeant avec des caméras de surveillance qu’il obtiendra assez de voix. Il faut aller chasser sur d’autres terres, trouver «sa» petite formule, son «nettoyage au karcher» à lui.

Fouler la dignité de quelques êtres humains, surtout si ce sont des «non-entrée-en-matière» qu’est-ce que cela fait. L’écart est plus grand entre requérant et délinquant qu’entre populaire et populiste, mais cela il le sait, au fond de lui. Il crie à l’imposture mais se drape dans la posture.

Mots démodés remis au (dé)goût du jour.



 

21:57 Publié dans Humeur | Tags : genève, pouvoir, imposture | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

24/11/2014

Bien à gauche... mais maladroite !

 

Je n'ai ni vocation, ni envie de défendre Mme De Haller dans ce qu'il convient d'appeler « l'affaire de l'appartement », je me pose simplement différentes questions concernant cette attribution.

Il est évident que je pars du postulat que sa candidature a été retenue parce qu'elle répondait aux critères ; sinon ce blog serait tout bonnement inutile et l'affaire purement scandaleuse.

Justement, quelles sont ces conditions d'attribution : un vote réunissant tous les représentants des partis au Conseil Municipal et des représentants du Conseil Administratif valide le choix du lauréat. Il y a donc une décision prise par un collège de partis et non un cadeau fait entre camarades. C'est donc un consensus et non des pressions qui ont conduit à cette décision.

De plus, certains éléments sont déterminants, notamment habiter sur la Commune, le taux d'occupation de l'appartement et la situation d'urgence. Sur ce dernier point, il y a lieu de s'étonner : Mme De Haller et son mari n'étant pas des citoyens lambdas, et le salaire connu du ménage n'étant pas des plus précaires, on est en droit de penser qu'il y avait peut-être une chance pour eux de trouver assez rapidement un logement sans être à la rue (cette affaire en est d'ailleurs l'éclatante preuve).

Ce qui me trouble le plus, c'est que je n'arrive pas à croire que d'autres candidatures n'aient pas « passé la rampe ». Le couple De Haller était-il vraiment le meilleur dossier ? Et si oui, comment est-il possible qu'entre le moment où leur dossier a été déposé et le moment où la réponse positive a été donnée, il ne se soit passé que deux petits jours ? Alors que certains traitements durent des mois, que des citoyens n'en peuvent plus d'attendre, et d'attendre encore.

Quid de ce délai si bref ? Quelqu'un a-t-il « conseillé » au couple De Haller de déposer son dossier ? Qui et pour quelles raisons ? Ont-ils eu l'assurance en le déposant que la requête serait positive ? Si oui, par qui ?

Tant de questions qui me rongent en tant que citoyen, d'abord. Et en tant que camarade d'autre part, car que l'on le veuille ou non, comme lors de l'affaire de l'appartement de Mark Muller en son temps, l'affaire est politique. Parce qu'elle est et sera exploitée à des fins politiques.

Comment, dans la position de Mme De Haller peut-on espérer une seconde que cela ne s'ébruitera pas ? Comment, avec un tant soit peu de conscience du monde médiatico-politique actuel a-t-on encore la naïveté de penser que les citoyens trouveront cela normal ? Quand bien même, dans ce cas comme dans le cas de Mark Muller aucune loi n'a été contournée.

C'est pourquoi, la seule issue possible à mes yeux est que le couple De Haller renonce à cette attribution.

 

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18:22 Publié dans Genève, Logement, Social | Tags : genève, de haller, appartement | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |