20/01/2016

Tout ça pour ça

La presse, en l'occurence la Tribune de Genève, interprète les propos du chef de groupe du PDC pour nous qualifier, Pierre Gauthier et moi, de "traîtres", au prétexte que nous avons voté pour ne pas débattre du cas "Thévoz-Medeiros" en plénière. Des "traîtres" à qui le PDC donne raison, comme l'exprime aujourd'hui son communiqué (voir lien). En effet, et comme l'a très bien dit Pierre Gauthier précédemment, le Conseil municipal a d'autres chats à fouetter, notamment un ordre du jour important et des problèmes plus urgents et prioritaires pour le quotidien de nos concitoyens.

Pour rappel, le différend ne s'est pas déroulé dans le cadre du Conseil municipal, et sans être une affaire strictement privée (les propos du président du CM restent préoccupants dans la bouche de quelqu'un qui devrait être le garant de notre démocratie et des valeurs républicaines), il n'en demeure pas moins que la fonction des élus du municipal n'est pas d'arbitrer chaque querelle hors ses murs: s'il avait été accepté, le vote d'hier aurait fait une sorte de jurisprudence qui aurait conduit le Conseil municipal à se prononcer pour des mots entre un élu et son voisin de palier à propos du volume trop fort d'une télévision, ou pour régler un banal litige pour une place de parking, voire à se mêler de problèmes plus privés comme arbitrer des conflits conjugaux. Je force à peine le trait.

Je ne peux que conseiller aux élus qui se prétendent insultés, ou le sont, de saisir le Bureau du Conseil municipal pour ce genre de cas, il est habilité à traiter ces affaires quand elles ressortent d'événements passés pendant les séances. En dehors de ce cas, il est recommandé d'en référer au pénal, c'est plus efficace, moins gratifiant pour l'ego peut-être (puisque cela n'occupe pas les heures d'antenne de Léman Bleu), et surtout cela permet de réfléchir plus profondément sur la pertinence d'une telle démarche.

 

 

http://geneve.pdc-ge.ch/position-du-pdc-sur-laffaire-medeiros/

 

21:12 Publié dans Conseil Municipal | Tags : conseil municipal, medeiros, thévoz | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/12/2014

"A tous ceux qui raillent mon nom de jeune fille..."

Lundi 15 décembre, quelques minutes avant que les élus du Municipal ne votent le budget de la Ville de Genève, les différents représentants des formations prenaient parole pour exprimer leur intention de vote.

CM.jpgLa dernière à s'exprimer, Mme Fabienne Aubry-Conne, le fit en quelques mots dont voici les derniers : «J'ai essayé de voter au plus près de ma conscience et au plus près de mon éthique, et vous transmettrez, Monsieur le Président, à tous ceux qui raillent mon nom de jeune fille, que c'est Conne et j'en suis fière».

Déclaration suivie d'applaudissements provenant des bancs de la gauche.

Curieusement, personne dans la presse ou sur les réseaux sociaux ne semble avoir remarqué cette discrète intervention pourtant si lourde de sous-entendus. Pas la moindre interrogation sur le sens de ces paroles. Comme une omerta.

Un peu d'histoire : Mme Aubry-Conne a été élue en tant que PLR, elle même libérale à l'époque, mais a quitté ce parti en cours de législature. Elle siège depuis en tant qu'indépendante, ce qui ne lui donne pas droit à la moindre participation à une commission ou à la rédaction d'un rapport. Cependant ses droits et devoirs demeurent les mêmes que pour tout autre membre d'un parti. Depuis sa séparation d'avec le PLR, il semble que les relations soient devenues extrêmement difficiles avec ses anciens collègues de parti.

Ce qui est arrivé lundi soir, et que tout le monde tait malgré ce qui a filtré au travers des micros de Léman Bleu diffusant en direct la séance, c'est qu'à chaque vote, Mme Fabienne Aubry-Conne a été chahutée, houspillée par certains élus, dont les voix provenaient des bancs PLR. Des voix masculines, goguenardes, grossières. Des attaques, que le règlement du Conseil Municipal appelle «violation d'ordre» car elles étaient des paroles «portant atteinte à l'honneur ou à la considération» (Art. 40, 2c).

Bien sûr, ces élus, ces représentants honteux de notre population, nous diront qu'ils n'ont rien fait, insistant sur une subtilité entre sémantique et syntaxe, précisant qu'ils ne se sont bornés qu'à interpeller cette députée esseulée par son nom.

En insistant lourdement, très lourdement, sur son nom de jeune fille : Conne.

Bassesse de pauvres types, lâcheté d'arrogants élus. Démonstration de soudards.

 Je sais ne pas être le seul à être révolté par la tournure infamante que prennent nos débats politiques parlementaires, et j'espère que nos représentants se montreront dignes à l'avenir des voix que nous leur avons confiées. Toutes tendances politiques confondues.

 Je témoigne ici, mon soutien à Mme Fabienne Aubry-Conne.