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  • Retour gagnant

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    Il y a un peu plus d'un an, je faisais le bilan de mon parcours de chômeur de longue durée, âgé de plus de cinquante ans, ayant entamé une reconversion professionnelle. Je faisais même le pari de décrocher un emploi à 100% et un CDI. 
     
    Il y a quelques mois , j'ai signé mon contrat.
    J'ai gagné. 
     
    Mais combien restent sur le bas côté ? Combien se voient essuyer des refus ou - pire - subissent le mépris de la lettre-morte, en ne recevant pas même un accusé de réception ? Combien vivent le quotidien humiliant de ces demandeurs d'emploi, considérés par certains comme des parasites, par d'autres comme des inutiles, par d'autres encore comme des incompétents ? 
    Combien surprennent dans la question d'un proche une once de reproche, ou de soupçon : fais-tu vraiment les bonnes démarches ? Es-tu sûr de bien chercher ?
    Combien passent de l'espoir à l'abattement ? Combien baissent les bras ? Combien en crèvent littéralement ? 
    Combien sont seuls ? Combien ont vu les proches s'éloigner ? 
    Combien d'offres lues, de CV remaniés, de rencontres prometteuses ? 
     
    Aujourd'hui je savoure ma victoire. Mais je n'oublie pas que le parcours fut ardu, violent. Être chômeur de longue durée c'est combattre un ennemi invisible. C'est une alerte permanente. Un affût qui n'a de cesse et qui ronge. Personne n'y est préparé, pas même les donneurs de bons conseils. 
     
    Alors il faut tenir. Se battre. Y compris quand les portes restent closes, y compris quand aucune lettre, aucun mail n'obtient de réponse. Il faut pouvoir se remettre en question. Remanier son CV. Se faire aider. Ne pas hésiter à accepter des stages. Saisir chaque opportunité permettant l'extension de son réseau, ou donnant l'occasion de faire valoir ses compétences, ses qualités. Tenir. Tenir. Ne jamais croire la petite voix dans sa tête qui dit "à ton âge, c'est foutu". Tenir. 
     
    Je regarde en arrière. Je considère toutes les rencontres, tous les soutiens qui sont une part de mon retour à l'emploi aujourd'hui. Je remercie toutes les personnes qui m'ont soutenu. Toutes celles, de près ou de loin, qui m'ont aidé à traverser cet océan. Parmi tous ces soutiens, je ne veux pas oublier l'Etat. Celui-ci donne beaucoup (certains le lui reprochent), le système n'est bien sûr pas parfait, mais des moyens financiers et des outils sont mis à disposition des chômeurs, il faut s'en servir. J'ai bénéficié de stages, d'entretiens, de conseils. Ces mesures sont plus valorisantes pour un demandeur d'emploi que de devoir rendre un formulaire mensuel attestant d'un certain nombre de recherches. J'ai aussi eu la chance d'avoir deux conseillers en placement (Mme Christine S. puis M. Daniel W.) enthousiastes, motivants, valorisants et dynamiques. Tous ces mois de chômage représentent, outre les indemnités légitimement perçues, des sommes importantes en formations, mesures d'accompagnement et autres démarches visant à me faire retrouver un CDI. C'est un investissement important que l'Etat fait pour chaque chômeur, c'est un pari (peut-être), c'est un droit (certainement), c'est un risque (également). Mais c'est (parfois) payant. C'est pour toutes ces personnes dans la précarité, toutes ces chômeuses et tous ces chômeurs dans la quête d'un emploi, pour tous ces dossiers ouverts, pour toutes ces familles éprouvées, que les prestations financières et les mesures assorties ne doivent pas être diminuées. Notre société doit faire cet effort, afin de permettre qu'un jour, parmi tous ces chiffres dans un bilan comptable, des personnes s'en sortent, puissent retrouver cette dignité qu'on leur refuse. 
     
    Mon combat politique ne cessera pas. Je compte donner plus de place dans ce combat aux personnes précarisées, aux familles (recomposées, ou non, déchirées ou pas) qui peinent, qui se saignent pour (sur)vivre avec peu.
    Lien permanent Catégories : Emploi, Genève, Social 5 commentaires
  • Distribution de bons poings.

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    Le terrorisme intellectuel de certains petits marquis de la culture me navre. Rien ne justifie un lynchage. Ce que semblent oublier ces adeptes du respect humain à la géométrie variable. Pratiquer la censure par intimidation en taxant de fascisme celui qui ose exprimer son opinion. Vouloir faire taire. Répondre au raccourci par le raccourci, mettre à mort sur les réseaux sociaux et se fendre d'une belle lettre de Tartuffe, faite de morale et de leçons de déontologie.
     
    Qui sont-ils ces "chiens" d'une meute trop empressée à déchiqueter l'idole, l'enfant gâté du reportage, qui a commis le faux-pas qui lui vaut cette exécution ? Un comité de salut public, celui du cinéma suisse sans doute, ou en tous les cas auto-proclamé puisque y figurent davantage de ce que notre cinéma compte d'anonymes plutôt que de personnes représentatives; les fameuses hyènes qui se repaissent du sang du buzz. 
     
    En préambule, se draper dans une dignité de pacotille en prévenant ne pas commenter les opinions politiques de Melgar, pousser jusqu'à prétendre ne pas faire partager les leurs, puis dans un simulacre de plaidoirie, telle la Reine de Coeur chez Alice (lui qui est déjà coupable d'être "renommé" et de jouir "d'une forte attention dans le paysage médiatique"), le rendre responsable de "mettre en danger un groupe de personnes vulnérables" (inversion classique des problèmes, puisque ce ne sont plus les habitants d'un quartier ou les enfants d'une école qui seraient en danger, mais de présumés dealers), enfin l'accuser d'exacerber la xénophobie et la stigmatisation raciale. Définitivement, l'homme doit être abattu.
     
    La lâcheté collective de tous ces "amis", collègues, amateurs du 7ème art, davantage prompts à en remettre une couche en hurlant avec les loups, mais qui oublient d'adresser leur lettre ouverte (sic) au principal intéressé. L'attitude supérieure de ceux qui savent et qui reprochent des "faits non avérés et mal documentés" mais qui, fermant les yeux sur le deal de rue pendant des décennies, au prétexte de la complexité du monde et de l'immense privilège de vivre dans un pays riche, n'ont pas considéré utile de se poser des questions. La malsaine facilité d'apposer son nom au bas d'une condamnation plutôt que d'entrer les yeux dans les yeux dans un débat, d'oser le dialogue avec le "vilain" pour lui exprimer son malaise, voire son dégoût.
     
    Mais il faudrait pour cela avoir l'envie de la grâce. 

  • Formé !

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    J'arrive au terme de ma formation ; le moment pour moi de faire un premier bilan et de m'interroger sur "l'après".

    Dans un mois, si tout se déroule comme je le souhaite, je serai un auxiliaire de santé nouvellement diplômé que tout EMS pourra engager.

    J'aurai gravi, marche après marche, le long parcours du quinquagénaire qui se réoriente, qui connaît une (longue) période de chômage, qui subit régulièrement les sarcasmes de ceux qui soupçonnent qu'il ne fait rien pour s'en sortir (mais se gardent bien de proposer du boulot), qui passe par des moments de découragements, et qui se reprend en mains grâce à un entourage attentif, qui à force de tentatives, de stages, de communication, finit par avoir une opportunité grâce à des personnes audacieuses, et qui - vaille que vaille - survit.

    C'est mon engagement politique qui m'a amené à vouloir être auxiliaire de santé. Je faisais un métier que beaucoup envient: j'étais metteur en scène, formateur d'acteurs, j'en "vivais". Et puis un jour, faisant campagne pour les municipales, à force d'entendre les souffrances des  personnes  âgées et m'être fait expliquer par un auxiliaire de santé quelle était sa tâche, j'ai senti que "c'était pour moi".

    Avoir un mandat d'élu c'est avant tout se mettre au service de la collectivité, c'est œuvrer pour améliorer la vie des gens; et tant pis si ces notions sont galvaudées par les abus d'une minorité, ou méprisées par les défaitistes et les "aquoibonistes". Etre élu c'est servir la Cité. À tous les échelons. 

    auxiliaire de santé, EMS, personnes âgées

    Je trouve aujourd'hui dans le métier d’auxiliaire de santé l'accomplissement d'une démarche qui a toujours été la mienne : être l'un des maillons qui facilitent une personne dans un instant de sa vie. 

    Ce n'est pas un plan B. Pas plus que ne l'ont été les divers métiers que j'ai exercés. Ce fut à chaque fois un plan A, j'ai eu cette chance. 

    J'aimais déjà l'idée de soins aux personnes âgées, pour ce que cela avait d'évident que soit organisée une prise en charge de personnes en manque d'autonomie. Comme un légitime retour témoigné à des personnes qui à leur échelle ont participé (et participent encore) au développement ou à l'entretien de notre société. 

    Aujourd'hui cette formation (par delà ses exigences et sa rigueur) m'a fait toucher des aspects plus nobles encore, qui sont ceux quasi philosophiques de la portée d'une telle tâche: s'occuper des 3ème et 4ème âges n'est pas, comme cela est malheureusement encore trop admis, d'avoir des vieillards comme outils de travail, non. Il existe des courants nouveaux et de plus en plus influents qui réorientent les soins comme étant une relation sociale avant tout. On n'administre pas des soins, on va à la rencontre d'une personne, et cette rencontre est une opportunité pour l'assister (dans sa toilette, sa collation ou toute autre activité). L'EMS devient alors véritablement le lieu de vie projeté, et non plus le dernier domicile redouté. Il s'humanise.

    J'aurai la chance ce prochain mois d'effectuer mon stage diplômant dans un établissement  innovant où l'on parle de projet de vie, c'est magnifique. Cette façon de considérer les personnes âgées dans une optique de projets et de progrès me correspond totalement, et se trouve en accord avec mes idéaux politiques. La boucle se boucle. 

    Il y a quelques mois, je vous prenais à témoins et vous faisais le pari de retrouver du travail durablement; je suis en train de le gagner ce pari. Il ne manque presque rien, mes évaluations font état de mes compétences (41,5/45 à la théorie - 19/20 à la pratique), je suis formé.

    Il ne manque que le contrat. J'ai bon espoir, il y a parmi ceux qui me lisent et ceux qui me verront à l'oeuvre la personne qui me tendra ce contrat.

     

     

    (Un amical salut à mes camarades de volée à qui je souhaite un bel avenir : Amel, Ana, Claudia, Emilie, Hornella, Itohan, Jacques, Jonathan, Juana, Khayra, Lulzime, Mikhail, Véronique, Yasmine.)