Sécurité

  • Butin de votes

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    Je suis président d'un local de vote en Ville de Genève depuis plusieurs années. J'occupe cette fonction volontairement et je m'efforce de la servir avec le sérieux, la dignité et l'efficacité qui sont dus à nos institutions et au corps électoral.

    Cela commence par le choix des jurés électoraux que je convoquerai pour le scrutin et son dépouillement. Le jour de la votation, je prépare le local de vote, j'y affiche les prises de position des différentes composantes politiques et des associations concernées, je veille à la propreté et à la conformité des isoloirs, j'accueille les jurés électoraux (généralement des jeunes peu familiarisés avec les "subtilités" de notre système politique et encore moins au fait du déroulement des deux heures de vote, puis du dépouillement et comptage), je les rends attentifs aux dispositions légales d'une telle opération ainsi que sur l'attitude à adopter durant ce temps. J'exige d'eux de la rigueur, du sérieux, et une infaillibilité que j'estime légitimes dans le cadre de cette fonction. Avant le vote, je scelle l'urne après avoir fait constater qu'elle était bien vide. Après le vote, devant tout le jury électoral, l'urne est descellée, les bulletins comptés et recomptés, le dépouillement est précis, rigoureux, méthodique, concentré. A la moindre erreur, je fais recommencer tout le comptage. Puis les résultats sont transmis au Service des Votations par téléphone, et l'urne de transport contenant tous les documents est scellée à son tour. Enfin, les agents municipaux viennent chercher ce précieux et sacré matériel. Ce n'est qu'à ce moment que nous pourrons quitter le local de vote.

    Dans toutes ces étapes, j'insiste sur la responsabilité et sur l'honnêteté.

    Depuis hier, je pense à toutes celles et ceux que j'ai convoqués, et à celles et ceux que j'ai désignés pour le 19 mai. Comment vivent-ils cela ? Comment résonnent mes paroles à l'aune des exactions dénoncées récemment ? Tout en demeurant respectueux de la présomption d'innocence, je ne peux m'empêcher d'en vouloir à cette indélicate personne, à ce ver dans le fruit corrompu d'avoir ainsi souillé l'un des piliers de notre démocratie.

  • Pierre Ponce ou Pilate Maudet

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    Quand Pierre Maudet déclare dans la Tribune de Genève avoir "été interpellé directement par Lisa Mazzone" (on appréciera le choix du verbe) et lui avoir "confirmé que dans ce cas ordinaire (...) aucuns moyens démesurés, ni contraintes, ne seraient employés à l'encontre (de la famille Musa)  mais qu’il ne pouvait ni s’inscrire en dehors du cadre légal, ni s’immiscer dans l’opérationnel», cela appelle deux commentaires, outre le scandaleux cynisme de la déclaration du Conseiller d'Etat. 
     
    La première réflexion porte sur le cadre légal que Pierre Maudet invoque pour s'affranchir de cette arrestation sournoise, digne d'un guet-apens de série Z. Rien dans la politique que prônent Pierre Maudet et ses amis PLR ne vient se dresser contre cette loi, aucune tentative de la changer ou simplement de l'assouplir. Si la loi n'est pas humaine, il faut changer la loi, pas l'humanité. Le "c'est pas moi c'est la loi" de Maudet n'exprime que sa lâcheté complice, dans la ville patrie de Dunant, qui vit en d'autres décennies un Conseiller d'Etat accompagner par la main un enfant à l'école dont les parents étaient menacés d'expulsion. 
     
    Hormis cette forfaiture, et tout aussi préoccupante, l'apparente impuissance du Conseiller d'Etat nous avouant sans sourciller ne pouvoir "s'immiscer dans l'opérationnel", alors qu'il est à la tête du Département de la Sécurité.
    Mais à quoi donc est-il payé si ce n'est pour précisément "s'immiscer", pour donner des directives, éventuellement en annuler certaines ? Plus prompt à demander la démission d'un chef de service, afin de couvrir ses propres errements, qu'à venir en aide à des frères et sœurs fuyant la guerre, qu'un malheureux point de règlement européen sépare.
     
    Cette administration-là, quand elle est bornée est inhumaine. Et cette grenouille cantonale qui veut un jour se faire aussi grosse que le bœuf fédéral n'a finalement que les habits tristes d'un employé de préfecture qui, autrefois, envoyait des enfants dans des trains de sinistre mémoire.