10/02/2016

Respect, mon cul !

Conseil municipal. Débat sur le respect, et particulièrement sur le respect pour les femmes au sein de l'assemblée.


Nous avons voté selon un schéma assez attendu gauche-droite.


Cela n'a qu'une importance infime puisque chacun de nous, élu, ferait mieux de se conformer à une ligne de conduite individuelle, et devrait s'imposer de respecter chacun (et chacune, évidemment, dois-je le préciser) des membres de cette assemblée.


Qu'elle ait ou non passé, cette motion, qu'en sera-t-il demain ? Serons-nous respectueux ? Abandonnerons-nous les écarts de langage, les insultes sexistes, les propos graveleux, les gestes déplacés, les attaques personnelles ?


À voir, et surtout à entendre, les commentaires de certains élus (tous sexes confondus), j'en doute.


Les propos goguenards de certains élus avachis en disaient long lors de la belle intervention de Alia Chaker Mangeat, l'indifférence ostentatoire de deux élues (pourtant souvent victimes elles aussi de propos dégradants, mais sans doute solidaires de la position de leur groupe) ou l'absence criante d'autres précisément lors des prises de parole des conseillères Uzma Khammis Vanini et Amanda Gavilanes attestent qu'il reste encore un travail considérable dans le domaine de l'égalité de traitement et du respect le plus élémentaire.

Et là, en matière de combat contre le sexisme ordinaire, à gauche comme à droite, il y a du pain sur la planche.

13:33 Publié dans Conseil Municipal, Humeur | Tags : respect, indiférrence, sexisme | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |

27/01/2016

Pour 1500 briques t'as plus rien. Sauf Jean Nouvel.

Dans le cadre de la réalisation du CEVA, l’État a commandité un rapport d'experts afin d'évaluer les risques de surcoût et leur provenance. Il en ressort que ce sont bel et bien 200 millions de francs de risque de surcoût qui sont confirmés non plus comme des « risques » mais des probabilités. Et ce dans un canton dont la dette à ce jour avoisine les 14 milliards.

Parmi ces surcoûts que l’État va nous imposer, attachons-nous particulièrement à un poste. Un seul.

Je ne le choisis pas par hasard, je le sélectionne parce qu'il est en tête de tous les risques de surcoût, d'une part, et qu'il intéresse la population pour une autre raison également, puisque la personne impliquée dans les causes de ce surcoût probable est un partenaire majeur d'un autre grand chantier qui a une actualité à Genève.

Je veux parler des « briques de verre » conçues par Jean Nouvel pour cinq stations du CEVA. Ces espèces de blocs translucides n'existent pas sur le marché, ils sortent tout droit de l'imaginaire (fertile, certes) de Jean Nouvel, mesureront un peu plus de cinq mètres de long pour moins de trois mètres de large, et seront au nombre de 1'500. On estime aujourd'hui que ces « parois transparentes » coûteront au canton 45 millions de plus que prévus.

Vous avez bien lu! Chaque brique de Jean Nouvel coûtera 30'000 francs de plus.

Un peu comme si l'on vous annonçait qu'entre le moment où vous l'avez pris en rayon et le passage à la caisse, votre baguette avait augmenté de 100 francs! Pire, le rapport conclut que le risque de surcoût du travail de Jean Nouvel est plus probable (et plus cher!) que si le terrain venait à s'affesser entre Champel et Pinchat suite aux travaux de percement!

Voilà qui devrait nous alerter, nous citoyens genevois, au moment de se prononcer le 28 février à propos de la rénovation et l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire.

Rappelons que l'estimation des travaux du MAH a déjà été réévaluée (de 40 à 80 millions, puis aujourd'hui à 140 millions), rappelons qu'aucun plafond n'a été prévu au niveau des dépenses de ces travaux, rappelons que le budget avancé ne tient pas compte des coûts de fermeture du musée durant les 6 ans de travaux, rappelons surtout le parcours de Jean Nouvel dans son implication des surcoûts de chantiers emblématiques :

la Philharmonie de Paris (budget 110 millions d’euros, coût effectif à ce jour 390 millions d’euros), les bains des Docks du Havre (budget 20 millions, coût final majoré de 35 %, soit 7 millions supplémentaires), le Kultur und Kunst Zentrum de Lucerne (réparations urgentes du toit après 12 ans seulement alors qu'il devait tenir 80 ans : 30 millions), ou l’opéra historique de Lyon (budget 13 millions d’euros, coût réel 70 millions).

Un dernier rappel, et non des moindres. Les partisans du projet du MAH nous rebattent les oreilles pour asséner qu'une partie des coûts est prise en charge par des financeurs privés. C'est vrai.

Mais ils oublient de préciser qu'en cas de dépassement de ces coûts (et nous constatons que cela risque d'être inéluctable), c'est la seule Ville de Genève qui en assumera financièrement le poids. Autrement dit chaque contribuable, dans une ville dont la dette est aujourd'hui de 1 milliard 500 millions.

15:47 Publié dans Culture, Genève, Votations | Tags : jean nouvel, mah, dépassement, budget | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

26/01/2016

Le président qui fait long feu

La fonction de président du Conseil d'Etat expliquée à mes enfants:


- Est-ce que ça sert à punir les présidents de conseils municipaux dont l'attitude ou les paroles seraient déplacées ?
NON, il n'a pas la compétence, dit-il.

- Est-ce que ça sert à intervenir et à poser son autorité lorsque des voyous ou des vandales saccageraient des vitrines ou s'en prendraient à des monuments culturels publics ?
JE NE CROIS PAS, en tout cas je ne l'ai pas constaté.

- Est-ce que ça sert à se poser en garant des institutions républicaines et démocratiques, et à rassurer la population dans le cas où des terroristes menaceraient notre canton ?
PAS QUE JE SACHE, sinon il se serait déjà manifesté.

Alors, mes enfants, à quoi croyez-vous que ça sert ? Eh bien ça sert à donner son avis sur l'agrandissement d'un musée.

- C'est une sorte de critique d'art ?
MÊME PAS, mes enfants. Même pas.

 

00:15 Publié dans Air du temps, Genève, Grand Conseil | Tags : conseil d'etat, président | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |