Humeur

  • Butin de votes

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    Je suis président d'un local de vote en Ville de Genève depuis plusieurs années. J'occupe cette fonction volontairement et je m'efforce de la servir avec le sérieux, la dignité et l'efficacité qui sont dus à nos institutions et au corps électoral.

    Cela commence par le choix des jurés électoraux que je convoquerai pour le scrutin et son dépouillement. Le jour de la votation, je prépare le local de vote, j'y affiche les prises de position des différentes composantes politiques et des associations concernées, je veille à la propreté et à la conformité des isoloirs, j'accueille les jurés électoraux (généralement des jeunes peu familiarisés avec les "subtilités" de notre système politique et encore moins au fait du déroulement des deux heures de vote, puis du dépouillement et comptage), je les rends attentifs aux dispositions légales d'une telle opération ainsi que sur l'attitude à adopter durant ce temps. J'exige d'eux de la rigueur, du sérieux, et une infaillibilité que j'estime légitimes dans le cadre de cette fonction. Avant le vote, je scelle l'urne après avoir fait constater qu'elle était bien vide. Après le vote, devant tout le jury électoral, l'urne est descellée, les bulletins comptés et recomptés, le dépouillement est précis, rigoureux, méthodique, concentré. A la moindre erreur, je fais recommencer tout le comptage. Puis les résultats sont transmis au Service des Votations par téléphone, et l'urne de transport contenant tous les documents est scellée à son tour. Enfin, les agents municipaux viennent chercher ce précieux et sacré matériel. Ce n'est qu'à ce moment que nous pourrons quitter le local de vote.

    Dans toutes ces étapes, j'insiste sur la responsabilité et sur l'honnêteté.

    Depuis hier, je pense à toutes celles et ceux que j'ai convoqués, et à celles et ceux que j'ai désignés pour le 19 mai. Comment vivent-ils cela ? Comment résonnent mes paroles à l'aune des exactions dénoncées récemment ? Tout en demeurant respectueux de la présomption d'innocence, je ne peux m'empêcher d'en vouloir à cette indélicate personne, à ce ver dans le fruit corrompu d'avoir ainsi souillé l'un des piliers de notre démocratie.

  • Distribution de bons poings.

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    Le terrorisme intellectuel de certains petits marquis de la culture me navre. Rien ne justifie un lynchage. Ce que semblent oublier ces adeptes du respect humain à la géométrie variable. Pratiquer la censure par intimidation en taxant de fascisme celui qui ose exprimer son opinion. Vouloir faire taire. Répondre au raccourci par le raccourci, mettre à mort sur les réseaux sociaux et se fendre d'une belle lettre de Tartuffe, faite de morale et de leçons de déontologie.
     
    Qui sont-ils ces "chiens" d'une meute trop empressée à déchiqueter l'idole, l'enfant gâté du reportage, qui a commis le faux-pas qui lui vaut cette exécution ? Un comité de salut public, celui du cinéma suisse sans doute, ou en tous les cas auto-proclamé puisque y figurent davantage de ce que notre cinéma compte d'anonymes plutôt que de personnes représentatives; les fameuses hyènes qui se repaissent du sang du buzz. 
     
    En préambule, se draper dans une dignité de pacotille en prévenant ne pas commenter les opinions politiques de Melgar, pousser jusqu'à prétendre ne pas faire partager les leurs, puis dans un simulacre de plaidoirie, telle la Reine de Coeur chez Alice (lui qui est déjà coupable d'être "renommé" et de jouir "d'une forte attention dans le paysage médiatique"), le rendre responsable de "mettre en danger un groupe de personnes vulnérables" (inversion classique des problèmes, puisque ce ne sont plus les habitants d'un quartier ou les enfants d'une école qui seraient en danger, mais de présumés dealers), enfin l'accuser d'exacerber la xénophobie et la stigmatisation raciale. Définitivement, l'homme doit être abattu.
     
    La lâcheté collective de tous ces "amis", collègues, amateurs du 7ème art, davantage prompts à en remettre une couche en hurlant avec les loups, mais qui oublient d'adresser leur lettre ouverte (sic) au principal intéressé. L'attitude supérieure de ceux qui savent et qui reprochent des "faits non avérés et mal documentés" mais qui, fermant les yeux sur le deal de rue pendant des décennies, au prétexte de la complexité du monde et de l'immense privilège de vivre dans un pays riche, n'ont pas considéré utile de se poser des questions. La malsaine facilité d'apposer son nom au bas d'une condamnation plutôt que d'entrer les yeux dans les yeux dans un débat, d'oser le dialogue avec le "vilain" pour lui exprimer son malaise, voire son dégoût.
     
    Mais il faudrait pour cela avoir l'envie de la grâce. 

  • Chacun son job !

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    En 2017, j'ai rédigé exactement 283 postulations. Soit en réponse à des offres d'emploi, soit par candidature spontanée. Je n'ai obtenu que 7 réponses. Sept ! En un an ! Toutes négatives, et pas la moindre proposition d'entretien. J'ai heureusement de l'expérience, un moral, et des compétences qui me valent de travailler régulièrement. Des petits mandats, mais fréquents, et renouvelés. Preuve que je suis efficace, fiable, apprécié. 

    Par ailleurs, je sais (pour l'avoir soumis à différents experts en la matière) que mon CV est bon, tant dans sa présentation que dans son contenu, et que mes lettres de motivation sont irréprochables.

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