Votations - Page 3

  • Pour 1500 briques t'as plus rien. Sauf Jean Nouvel.

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    Dans le cadre de la réalisation du CEVA, l’État a commandité un rapport d'experts afin d'évaluer les risques de surcoût et leur provenance. Il en ressort que ce sont bel et bien 200 millions de francs de risque de surcoût qui sont confirmés non plus comme des « risques » mais des probabilités. Et ce dans un canton dont la dette à ce jour avoisine les 14 milliards.

    Parmi ces surcoûts que l’État va nous imposer, attachons-nous particulièrement à un poste. Un seul.

    Je ne le choisis pas par hasard, je le sélectionne parce qu'il est en tête de tous les risques de surcoût, d'une part, et qu'il intéresse la population pour une autre raison également, puisque la personne impliquée dans les causes de ce surcoût probable est un partenaire majeur d'un autre grand chantier qui a une actualité à Genève.

    Je veux parler des « briques de verre » conçues par Jean Nouvel pour cinq stations du CEVA. Ces espèces de blocs translucides n'existent pas sur le marché, ils sortent tout droit de l'imaginaire (fertile, certes) de Jean Nouvel, mesureront un peu plus de cinq mètres de long pour moins de trois mètres de large, et seront au nombre de 1'500. On estime aujourd'hui que ces « parois transparentes » coûteront au canton 45 millions de plus que prévus.

    Vous avez bien lu! Chaque brique de Jean Nouvel coûtera 30'000 francs de plus.

    Un peu comme si l'on vous annonçait qu'entre le moment où vous l'avez pris en rayon et le passage à la caisse, votre baguette avait augmenté de 100 francs! Pire, le rapport conclut que le risque de surcoût du travail de Jean Nouvel est plus probable (et plus cher!) que si le terrain venait à s'affesser entre Champel et Pinchat suite aux travaux de percement!

    Voilà qui devrait nous alerter, nous citoyens genevois, au moment de se prononcer le 28 février à propos de la rénovation et l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire.

    Rappelons que l'estimation des travaux du MAH a déjà été réévaluée (de 40 à 80 millions, puis aujourd'hui à 140 millions), rappelons qu'aucun plafond n'a été prévu au niveau des dépenses de ces travaux, rappelons que le budget avancé ne tient pas compte des coûts de fermeture du musée durant les 6 ans de travaux, rappelons surtout le parcours de Jean Nouvel dans son implication des surcoûts de chantiers emblématiques :

    la Philharmonie de Paris (budget 110 millions d’euros, coût effectif à ce jour 390 millions d’euros), les bains des Docks du Havre (budget 20 millions, coût final majoré de 35 %, soit 7 millions supplémentaires), le Kultur und Kunst Zentrum de Lucerne (réparations urgentes du toit après 12 ans seulement alors qu'il devait tenir 80 ans : 30 millions), ou l’opéra historique de Lyon (budget 13 millions d’euros, coût réel 70 millions).

    Un dernier rappel, et non des moindres. Les partisans du projet du MAH nous rebattent les oreilles pour asséner qu'une partie des coûts est prise en charge par des financeurs privés. C'est vrai.

    Mais ils oublient de préciser qu'en cas de dépassement de ces coûts (et nous constatons que cela risque d'être inéluctable), c'est la seule Ville de Genève qui en assumera financièrement le poids. Autrement dit chaque contribuable, dans une ville dont la dette est aujourd'hui de 1 milliard 500 millions.

  • Abstention, piège à ...

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    À chaque fin de période électorale, j'ai la même pensée pour toute cette catégorie de la population qui se fourvoie.


    Je veux parler des abstentionnistes.


    Ceux qui le sont par circonstance. Simplement parce qu'ils ont tardé à remplir leur bulletin, puis passé le délai pour le poster, et eu la flemme enfin de se réveiller suffisamment tôt un dimanche pour faire leur devoir citoyen. Ceux-là, je ne fais que leur en vouloir d'avoir si bêtement loupé un acte aussi important.


    Ceux qui disent "n'y rien comprendre". Tant de moyens sont aujourd’hui offerts, il n'est pas nécessaire d'être politologue pour appréhender les enjeux d'une votation et d'en cerner l'objet. Excuses irrecevables.


    Mais les pires, ceux que je ne peux comprendre et encore moins pardonner, sont tous ces "bêlants", crachant leur fiel à longueur d'année sur les politiciens qui sont évidemment à leurs yeux "tous pourris, tous complices, tous mêlés à des magouilles, tous à se partager le gâteau". Ils vomissent, ces abstentionnistes, ils brassent de l'air, ils vitupèrent, et les réseaux sociaux leurs offrent des cuvettes suffisamment vastes pour leurs ablutions biliaires.


    Ceux-là devraient plutôt retrousser leurs manches et s'engager plutôt que de croire que leur abstention est un geste fort, un acte militant. Ceux-là devraient faire le pas, donner de soi et de son temps à la société et se porter candidats. Ils ont plein d'idées (paraît-il) pour changer ce monde.


    Pour ces 2'500'000 autruches la tête enfouie dans leur certitude, il serait temps un jour de comprendre que leur simple vote changerait les choses.

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  • Soixante sept secondes de cauchemar

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    Première image dans des teintes qui laissent à penser à une pluie de cendres nucléaires, puis un long plan sur le Jet d’Eau au son d’une musique «arabisante» (hommage subliminal à la clientèle des quais et des hôtels de luxe).

    Un bras droit dressé, inquiétant, malgré la familière silhouette du Général Dufour, ouvre sur une scène avec un autre colonel - lieutenant celui-ci - Raymond Wicky dans les Bastions avec un enfant à qui il offre un cadeau.

    La scène est entrecoupée d’inserts sur un drapeau suisse (hommage répété à Dufour). L'emblème national flotte fièrement et bat le rappel des électeurs patriotes (voire xénophobes ?).

    Le paquet cadeau est maintenant ouvert, c’est un stylo Mont-Blanc (dame, on soigne le standing !). Le gamin n’aurait pas préféré que ces 300 balles soient dépensés dans une console de jeu, ou un nouveau smartphone, non, il sait vivre.

    Un plan plus tard, un jeune homme de dos, c’est sa main apparemment qui tient le stylo. Il l’aurait donc reçu de l’ancien commandant des pompiers quand il était enfant ? Est-ce cela le secret de cette coiffure bien lisse et de cette nuque bien dégagée ? Je m’interroge encore sur la symbolique de ces nuques : 6 plans sur un clip qui en compte 26, soit près du quart.

    Que veulent-ils nous faire comprendre avec ces dos tournés ? Et à qui les tournent-ils ?

    Un profil de femme ouvre la troisième partie. Elle marche. Quelques «nuques» marchent également. Au ralenti.

    Tout est au ralenti, est-ce le rythme qu’ils veulent insuffler ? Ils sont jeunes mais se déplacent au ralenti, comme terrassés par une implacable gravité, celle de leur veste de costume assurément. La seule représentante féminine a dû passer elle aussi une veste, sans doute pour atténuer la gaîté du motif de sa robe. Elle est rejointe par six hommes et ils marchent béats et subversifs au point de fouler la chaussée au grand mépris du tram et des trottoirs.

    Je ne rêve pas de cette jeunesse.

     

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