Votations - Page 2

  • Interview sur Radio Cité le 21 octobre 2016

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    Je relaie ici la retranscription de mon interview à Grand Format (Radio Cité), le 21 octobre 2016

    L'abattage des arbres sur la plaine de Plainpalais ne met pas tout le monde d'accord. Pour Stéphane Guex-Pierre du parti Radical de Gauche, les expertises ne sont pas claires et cacheraient des intérêts corporatistes.

    Radio Cité: 34 arbres vont être abattus sur la plaine de Plainpalais, comme vous le savez ils ont été jugés comme dangereux par des expertises, tout ceci fait suite à la chute d’un marronnier le jour du jeûne genevois, mais le Parti Radical de Gauche parle déjà d’un déni de démocratie, il veut en effet voir une contre-expertise effectuée. A ce sujet pour en parler, nous sommes avec Stéphane Guex-Pierre, membre du comité du Parti Radical de Gauche.

    Stéphane Guex-Pierre: le problème des expertises, c’est qu’elles ne sont faites que par une entreprise, donc on peut éventuellement se poser la question de savoir s’il y a une vraie indépendance à ce niveau-là, et puis si je me base simplement sur la lecture de la dernière expertise, vous l’avez vue comme moi, tout le monde annonce un chiffre de 34 arbres à abattre, or en lisant l’expertise et en partant du principe que tous les arbres moribonds ou tous les arbres pourris sont à abattre, j’ai beau faire le calcul dans tous les sens, je n’en trouve pas 34, mais que 24. Donc ça veut dire que sur une simple suspicion on va en abattre 10 supplémentaires. Là c’est ma première méfiance, elle correspond à la méfiance que j’ai eue lors de l’abattage des arbres dans la nuit du 9 au 10 septembre, où des arbres ont été abattus et les souches ont été immédiatement occultées en mettant des cônes en plastique ou des plaques en métal dessus, et d’autres arbres n’avaient pas cette occultation. La seule différence qu’on pouvait faire en observant ces arbres abattus, c’est que ceux qui étaient à la vue de la population étaient effectivement pourris, ou montraient des traces manifestes de pourriture, alors que les autres, ceux qui étaient occultés par des cônes ou des plaques métalliques, après arrachage de ces protections, on voyait qu’il n’y avait pas, manifestement, de pourriture. Donc j’en viens à soupçonner une espèce de coup de force, qui serait d’abattre un maximum d’arbres avant la votation du 27 novembre, pour mettre la population devant le fait accompli, et l’obliger par conséquent à voter oui à ce projet de rénovation.

    Radio Cité: Pour vous il s’agit vraiment d’un déni de démocratie?

    Stéphane Guex-Pierre: C’est un vrai déni de démocratie! En admettant (je me mets à la place du magistrat) que le périmètre soit dangereux, on pourrait très bien protéger la population, éventuellement offrir des soutiens à certains arbres, couper des branches mortes, retenir les arbres si besoin, tant que la votation populaire n’a pas eu lieu. Là j’ai vraiment l’impression que par cette manoeuvre, qui tombe - selon qu’on se place d’un côté ou de l’autre - extrêmement mal ou extrêmement bien, on influence la votation et son résultat.

    Radio Cité: Il y aurait des intérêts économiques et corporatistes derrière cette manoeuvre et Rémy Pagani serait en cause selon vous, est-ce que vous avez des faits pour étayer ça?

    Stéphane Guex-Pierre: Il y a trois rapports de la Cour des Comptes, le premier qui date de 2013, ensuite un rapport de 2014, un rapport de 2015. Le premier rapport en 2013 - qui avait été d’ailleurs diligenté suite à des demandes de conseillers municipaux - relevait un certain nombre d’inquiétudes de la Cour sur des irrégularités. Irrégularités – entendons-nous bien - au sens large, cela ne veut pas forcément dire malhonnêteté, cela peut être des maladresses ou des mauvaises façons de faire les choses. Donc, suite à ce premier examen du projet de rénovation de la Plaine, la Cour des Comptes avait fait une série de recommandations (de mémoire 17, sauf erreur). Parmi les recommandations, il y avait notamment des inquiétudes de la Cour sur des Comptes concernant les offres de marchés publics, être sûrs que tout se faisait dans une parfaite légalité. La parfaite légalité, - là aussi il faut y mettre des précautions d’usage - cela n’entend pas nécessairement malhonnêteté, cela peut entendre simplement que des choses se font, et qu’elle ne se font pas selon un cahier des charges précis, même si au bout du compte l’opération est parfaitement légale.

    Radio Cité: Donc vous réclamez une contre-expertise?

    Stéphane Guex-Pierre: Idéalement, la contre-expertise devrait être faite par un dendrologue, un spécialiste des arbres qui n’aurait aucune chance, on va dire, d’être appelé à replanter des arbres ou à travailler sur ce projet dans les mois à venir.

     

     

    http://www.radiocite.ch/cite-mag.html

  • Le manche et la cognée

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    Abattage.jpg

    A quelques semaines d'une votation qui semblait ne faire aucun doute quant à son issue, les derniers évènements (abattage nocturne, quasi clandestin, lors du week-end du Jeûne Genevois, et communiqué de presse annonçant un abattage supplémentaire imminent) font craindre à Rémy Pagani de subir une claque électorale. Il semblerait donc qu'il veuille faire feu de tout bois, ou plutôt de tout le bois !

    Si je compte bien, en me référant au chiffre dans l'article d'Anna Vaucher (TdG du 19 octobre 2016), 34 arbres (à abattre) + 20 arbres (déjà abattus), nous arrivons au chiffre de 54 !

    Or, 54 c'est exactement - hasard incroyable - le nombre d'arbres qu'il était prévu de transplanter (c'est-à-dire déplacés d'un lieu à un autre) dans le projet d'aménagement de la Plaine de Plainpalais ...

    En évitant cette transplantation, on (Rémy Pagani) évite également la traçabilité, car il aurait été aisé pour les opposants de démontrer qu'après cette transplantation les arbres avaient crevé (il faut deux ans pour réussir, sous certaines conditions, une transplantation d'arbre).

    En résumé, la population genevoise serait en droit de soupçonner une manoeuvre cavalière (et meurtrière envers une cinquantaine d'arbres) de la part du magistrat pour faire passer au forceps son projet en mettant le corps électoral devant le fait accompli.

    Pour ma part, j'en suis à me demander s'il ne faut pas réclamer de la Cour des Comptes qu'elle se penche une énième fois sur ce dossier qui me semble de plus en plus renfermer des conflits d'intérêts scabreux.

  • MAH, derniers mots

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    En marge de la votation du MAH a eu lieu une excellente initiative, puisque était organisée une visite guidée et commentée par deux historiennes de l'art ; ceci afin de mettre en lumière les atteintes à l'intégrité du Musée d'Art et d'Histoire par le "projet Nouvel".


    Au passage, il convient de saluer le fair-play du directeur du MAH, qui – bien que partisan du projet - a accueilli cette visite avec professionnalisme. Autrement plus pittoresque, voire ridicule, la présence de quelques partisans du projet, dont des élus déguisés en courtisane ou en bon petit soldat, venus « troller » la visite pour jouer les trouble-fête.

    Mais quittons l'anecdotique pour s'attacher à trois points que nos deux guides du jour ont parfaitement mis en lumière.

    Equilibre rompu

    snapseed-02-01.jpegObservons l'alignement actuel du MAH et de l'ancienne Ecole des Beaux-Arts; nul n'a besoin d'être architecte pour constater la cohérence entre les deux bâtiments, tant au niveau des socles, que de la taille des fenêtres, que du placement des corniches ou de leur hauteur. Ceci est renforcé par les arches édifiés entre les deux bâtiments, qui les unissent et disent implicitement leur lien.

    Les interventions de Jean Nouvel briseront cette harmonie, pire la nieront, avec la surélévation conséquente (bien que diminuée déjà par rapport au projet initial) qui permettrait l'installation d'un restaurant au sommet.

     

    Assombrissement

    snapseed-01.jpegCamoletti avait judicieusement pourvu le musée d'éclairage naturel zénithal, comme l'atteste la photo. A une période où le réseau électrique n'était pas répandu, cela répondait à une nécessité évidente.

    Aujourd'hui, est-il vraiment pertinent de condamner ces sources de lumière naturelle au prétexte de la modernité ? Car la nouvelle structure prévue sur le toit occultera de fait 50% de cette arrivée de lumière.

     


    Désinformation

    snapseed-03.jpegOn a beaucoup glausé sur la cour intérieure ; les partisans du OUI allant jusqu'à la qualifier d'inutile, de dépotoir, de ruine, de laideur. Certains ont même poussé l'ignorance crasse (ou la mauvaise foi) jusqu'à expliquer qu'on y stockait de vieilles pierres sans grand intérêt (sic). Or, depuis l'origine du Musée d'Art et d'Histoire, le promenoir de la cour (voir photo) est destiné à l'épigraphie(¹) et c'est donc dans une logique concertée que les inscriptions lapidaires y sont exposées. Certes, comme il a été relevé par nos deux guides, l'ordonnancement et le soin apportés à ces sujets d'études ont été curieusement négligés ces derniers temps, mais la présence de ces stèles n'a rien qui ne soit dû au hasard.

    Concernant les étages de verre que l'architecte Nouvel voudrait accrocher à la paroi de la cour, il convient de relever – et un simple examen de la propre maquette du projet officiel suffit à le constater – qu'ils n'auront jamais la légèreté, la transparence et la finesse annoncées.

    En d'autres termes, comme il est d'ailleurs visible sur les images de synthèse projetées par les initiateurs du projet, sans recours à un éclairage artificiel conséquent, tout sera baigné dans le noir.

    Dernier mot sur la cour dans son état actuel. Elle est certes défraîchie, laissée à un relatif abandon (volontaire?), mais qui, après l'avoir visitée ces jours, ou ayant assisté à un concert nocturne ou à un spectacle de danse lors d'une édition de la Fête de la Musique, qui donc pourra prétendre que cette cour n'a aucun charme, qui pourra justifier la nécessité de la faire disparaître, qui pourra légitimer la destruction aberrante de ce havre au milieu de notre cité ?

    Après examen de la convention contraignante liant la ville à un prétendu mécène, après vision des plans, puis de la maquette, j'avais déjà clairement arrêté mon choix sur un NON à ce projet. Cette visite guidée m'a davantage ouvert les yeux sur la couleuvre architecturale que l'on voudrait nous faire avaler, je persiste et je signe, le 28 février ce sera NON.

     

    (¹) épigraphie: science auxiliaire de l'histoire, qui étudie les inscriptions sur matière durable, comme la pierre et le métal. Elle est particulièrement utile dans la connaissance de l'histoire des civilisations antiques, dont la plupart des documents périssables a disparu.