28/10/2015

Humanisme de pacotille

Lors de la séance du 27 octobre du conseil municipal de la ville de Genève, le MCG a déposé une motion demandant que l'Usine serve à accueillir les réfugiés syriens le temps que des logements d'accueil standards soient mis à disposition. Le PLR et l'UDC ont soutenu cette motion.

Grand moment de l'histoire genevoise que de découvrir cette droite décomplexée se rendre à la raison "d'une augmentation du nombre de réfugiés que Genève se doit d'accueillir" (je cite le texte de la motion).

Grand moment que de découvrir la droite décomplexée se soucier "de trouver rapidement des lieux d'accueil convenable pour les familles des réfugiés syriens" (je cite).

Grand moment enfin, que de constater que la droite décomplexée se rend enfin - enfin ! - à la raison en utilisant le terme de réfugiés. De réfugiés, oui, et non de migrants.

C'est beau ! C'est beau de voir le MCG, un groupe souvent moqué, voire stigmatisé pour ses positions assimilables à de la xénophobie, se ranger enfin à des valeurs généreuses et humanistes.

Tout cela est beau ! Serait beau, devrais-je dire, s'il n'y avait dans cette motion l'utilisation politicienne, politicarde même, et l'instrumentalisation d'humains en situation d'urgence qui méritent davantage que cet intérêt de pacotille.

Les réfugiés ne sont pas un gadget.

Les réfugiés ne sont pas un hochet que l'on agite pour servir les basses manoeuvres d'un chantage qui dégrade les auteurs de cette motion et ceux qui l'ont soutenue.

13:55 Publié dans Conseil Municipal, Humeur | Tags : réfugiés, usine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/10/2015

Abstention, piège à ...

À chaque fin de période électorale, j'ai la même pensée pour toute cette catégorie de la population qui se fourvoie.


Je veux parler des abstentionnistes.


Ceux qui le sont par circonstance. Simplement parce qu'ils ont tardé à remplir leur bulletin, puis passé le délai pour le poster, et eu la flemme enfin de se réveiller suffisamment tôt un dimanche pour faire leur devoir citoyen. Ceux-là, je ne fais que leur en vouloir d'avoir si bêtement loupé un acte aussi important.


Ceux qui disent "n'y rien comprendre". Tant de moyens sont aujourd’hui offerts, il n'est pas nécessaire d'être politologue pour appréhender les enjeux d'une votation et d'en cerner l'objet. Excuses irrecevables.


Mais les pires, ceux que je ne peux comprendre et encore moins pardonner, sont tous ces "bêlants", crachant leur fiel à longueur d'année sur les politiciens qui sont évidemment à leurs yeux "tous pourris, tous complices, tous mêlés à des magouilles, tous à se partager le gâteau". Ils vomissent, ces abstentionnistes, ils brassent de l'air, ils vitupèrent, et les réseaux sociaux leurs offrent des cuvettes suffisamment vastes pour leurs ablutions biliaires.


Ceux-là devraient plutôt retrousser leurs manches et s'engager plutôt que de croire que leur abstention est un geste fort, un acte militant. Ceux-là devraient faire le pas, donner de soi et de son temps à la société et se porter candidats. Ils ont plein d'idées (paraît-il) pour changer ce monde.


Pour ces 2'500'000 autruches la tête enfouie dans leur certitude, il serait temps un jour de comprendre que leur simple vote changerait les choses.

21:33 Publié dans Humeur, Votations | Tags : abstention, vote, citoen | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

18/08/2015

MOTS DÉMODÉS

Il a le regard franc dit-on. Celui des carnassiers, pas d’un pitbull, non. D’un loup. Le regard du loup, ce fameux loup qui en est un pour son prochain.

Le menton conquérant semble fait pour fendre les flots. Moins chaloupe (encore moins galère) que hors-bord. Il dépasse rarement le cadre, mais comme tout homme d’exception, quand il le fait, il le fait bien.

Il est jeune. Tiens, cela fait bientôt vingt ans que l’on dit qu’il est jeune, c’est dire.

Il a des valeurs :

  • La défense des minorités en est une. (A Genève, les nantis sont encore une minorité.)

  • Il prône la justice sociale. (Plus dans l’exercice du pouvoir judiciaire sans doute que dans le principe moral de droit et d’équité.)

  • Quant à la liberté humaine, il la met en avant pour favoriser l’entreprise individuelle.

Et il est ambitieux ; on lui prête une destinée fédérale, mais c’est connu on ne prête qu’aux riches. Nul ne sait s’il y pense en se rasant, néanmoins il lui faudra marquer des points, prendre une dimension extra-cantonale, et l’on sait bien que ce n’est pas en nous surveillant avec des caméras de protection, ni en nous protégeant avec des caméras de surveillance qu’il obtiendra assez de voix. Il faut aller chasser sur d’autres terres, trouver «sa» petite formule, son «nettoyage au karcher» à lui.

Fouler la dignité de quelques êtres humains, surtout si ce sont des «non-entrée-en-matière» qu’est-ce que cela fait. L’écart est plus grand entre requérant et délinquant qu’entre populaire et populiste, mais cela il le sait, au fond de lui. Il crie à l’imposture mais se drape dans la posture.

Mots démodés remis au (dé)goût du jour.



 

21:57 Publié dans Humeur | Tags : genève, pouvoir, imposture | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |