03/01/2016

Rien de neuf

Très sincèrement, je n'aime pas le Nouvel An et tout ce qui s'y rapporte.

Chaque année son lot de vœux, de congratulations, de souhaits plus ou moins vides de sens et de sincérité. Les gens fêtent artificiellement le bête passage d'un jour à l'autre, accessoirement celui d'un mois et d'un an, comme si leur vie se jouait dans ce passage.Ils s'embrassent, hurlent, festoient et célèbrent, alors que demain ils recommenceront à s'ignorer et à se concurrencer.

Je ne me lancerai donc pas dans une litanie de vœux convenus (santé, amour, prospérité), ni ne formulerai de projets de société, pas plus que je ne verserai dans les résolutions de pacotille.

Je n'aurai qu'une pensée. Pour les enfants. Les nôtres. Les autres. Donnons-leur du calme et de la sérénité. À tous.

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11/12/2015

Inquiétude. Quelle inquiétude ?

« L'inquiétude monte dans la population », commente la Tribune dans son édition du 11 janvier, à propos du signalement d'un hypothétique séjour de supposés terroristes dans notre ville. Je n'ai pas pour habitude de donner des leçons de déontologie à la presse, mais là je fulmine.

Chère Tribune de Genève, qu'est-ce qui  t'autorise à prétendre que la population est inquiète ? En te faisant le relais d'une telle allégation, non seulement tu crées cette inquiétude, mais tu l'entretiens. Auprès de combien de représentants de cette "population" as-tu éventuellement enquêté ? Et dans quel périmètre ? Était-ce au-delà d'un trottoir entre la rue des Rois et la rue du Stand ? Certes, tu es allée « prendre la température » du côté de l'aéroport, de l'Onu et de la gare. Mais pour y constater quoi ? Tout bonnement rien, mais avec l'art consommé du pyromane-pompier pour le dire.

Je détaille : « Un conducteur (…) a fait naître des rumeurs ». L'aveu tient déjà dans cette simple phrase, tu aurais pu en rester là, chère Tribune, et mettre ainsi fin à l'article, mais le goût de l'investigation certainement te pousse à chercher plus loin. Tu découvres alors qu' « aucune information ne faisait état d'une menace précise ». Qu'à cela ne tienne, tu tiens déjà un sujet, presse le citron et communique via le net cette non-information. Et ça marche ! puisque, très vite, tu rencontres des gens te disant « on a lu qu’il y avait des menaces d’attentat à Genève ». Lu ? Tiens donc ! Mais où, sur le site internet de la Tribune ? Celle-là même qui enquête pour constater qu' « on n’en sait pas plus » ? Plus loin, dans ton article, tu lâches, comme prise d'un remord, ce commentaire d'une passante « c’est pour le moins inquiétant d’avoir appris cela par la presse ». Eh oui, c'est inquiétant ! Il ne te reste plus qu'à terminer ton article par un peu d'objectivité, enfin, avec cette conclusion : « pas trace d’effervescence (…) rien n’est visible (…) la frénésie des achats de Noël semble avoir pris le pas sur l’anxiété ».

Chère Tribune, la rumeur n'est pas de l'information, le sondage n'est pas du reportage, l'à-peu-près n'est pas du journalisme.


Si aujourd'hui des gens ont peur, ce n'est pas parce qu'un boys band armé jusqu'aux dents massacre tout ce qui bouge autour du Jet d'Eau, c'est bien parce qu'une rédaction irresponsable distille de la rumeur et se repaît de sensationnalisme.

 

13:30 Publié dans Genève, Humeur | Tags : presse, rumeurs, inquiétude | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

28/10/2015

Humanisme de pacotille

Lors de la séance du 27 octobre du conseil municipal de la ville de Genève, le MCG a déposé une motion demandant que l'Usine serve à accueillir les réfugiés syriens le temps que des logements d'accueil standards soient mis à disposition. Le PLR et l'UDC ont soutenu cette motion.

Grand moment de l'histoire genevoise que de découvrir cette droite décomplexée se rendre à la raison "d'une augmentation du nombre de réfugiés que Genève se doit d'accueillir" (je cite le texte de la motion).

Grand moment que de découvrir la droite décomplexée se soucier "de trouver rapidement des lieux d'accueil convenable pour les familles des réfugiés syriens" (je cite).

Grand moment enfin, que de constater que la droite décomplexée se rend enfin - enfin ! - à la raison en utilisant le terme de réfugiés. De réfugiés, oui, et non de migrants.

C'est beau ! C'est beau de voir le MCG, un groupe souvent moqué, voire stigmatisé pour ses positions assimilables à de la xénophobie, se ranger enfin à des valeurs généreuses et humanistes.

Tout cela est beau ! Serait beau, devrais-je dire, s'il n'y avait dans cette motion l'utilisation politicienne, politicarde même, et l'instrumentalisation d'humains en situation d'urgence qui méritent davantage que cet intérêt de pacotille.

Les réfugiés ne sont pas un gadget.

Les réfugiés ne sont pas un hochet que l'on agite pour servir les basses manoeuvres d'un chantage qui dégrade les auteurs de cette motion et ceux qui l'ont soutenue.

13:55 Publié dans Conseil Municipal, Humeur | Tags : réfugiés, usine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |