Humeur - Page 4

  • Bouffons du roi !

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    "N'oubliez pas : la télé c’est que de la télé".

    Évidemment, ce gimmik de fin d'émission devrait servir d'avertissement au spectateur, comme un message sur un paquet de cigarettes. Mais l'ambiguïté du message tient dans le fait qu'il est dispensé à ses propres fidèles par le Messie lui-même. En tout deux millions chaque soir à se prosterner devant l'autel, comme dans d'autres temps on se pressait aux jeux du cirque.

    Plaisir du divertissement gratuit (le produit étant le consommateur à qui l'on gave le bulbe de publicités flatteuses), plaisir de la paresse mentale (après une journée de travail, la tentation est grande), plaisir de la légèreté (tout est si noir dans ce monde), plaisir potache (on tape sur l'un, on humilie l'autre, on s'embrasse, on oublie).

    Le problème dans toute idolâtrie c'est le pouvoir que l'on prête à l'idole, et ce qu'il en fait. Car toute idole risque d'être brûlée un jour. Comme aux jeux du cirque toujours, où le public s'émeut que la vierge ait été dévorée par les lions. "Là ils sont allés trop loin" entonnent en chœur les moutons pourtant complices du spectacle. 

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    Certes, il y a eu dérapage. Grave qui plus est. Exposer aux jugements du public, à la moquerie,  une vie sentimentale qui doit rester privée (a fortiori quand celle-ci est en pleine construction et souffre de ne pouvoir déjà être assumée dans le cadre familial) est condamnable moralement. Tromper ainsi une personne, dans ces conditions, par manipulation, est une sorte de viol moral. Mais c'est au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel de rendre justice, ou - le cas échéant - aux tribunaux eux-mêmes.

    Le lynchage revanchard d'une meute de "bien-pensants" me laisse tout aussi scandalisé que le canular lui-même. Les lynchages ne sont souvent que des expédients pour expier ses propres fautes. 

    Entre les intellectuels bon teint offusqués qui multiplient les déclarations opposant l'élite à la plèbe décervelée, les ex-fans frustrés qui vomissent sur la star après avoir tenté vainement de l’approcher, les racistes qui soulignent les origines tunisiennes, les antisémites qui ne manquent pas de relever que l'animateur est "forcément" protégé, ce lynchage est-il réellement animé de bonnes intentions ?  Il n’existe aucune bonne raison dans un lynchage, sauf à céder aux sirènes du talion.

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  • Tenir.

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    Il est l'heure - plus que jamais - de resserrer les rangs.


    L'intégrisme est une peste, qui fera encore des victimes. Parmi ceux qui suivent ce blog, certains ou leurs proches seront morts demain ou dans un an, de cette barbarie.
    Mais l'humain se relèvera toujours de la bestialité.


    Nous devons rester lucides.Nous devons nous souvenir de qui nous sommes, de quoi sont faits nos rêves, de ce qui construit nos vies et quels sont nos idéaux.
    Plus que jamais.

    Car dans ces moments durs, se perdre soi-même c'est prêter le flanc à tous ceux qui font de ces horreurs un banquet dont ils se repaissent.

     
     
     
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  • Respect, mon cul !

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    Conseil municipal. Débat sur le respect, et particulièrement sur le respect pour les femmes au sein de l'assemblée.


    Nous avons voté selon un schéma assez attendu gauche-droite.


    Cela n'a qu'une importance infime puisque chacun de nous, élu, ferait mieux de se conformer à une ligne de conduite individuelle, et devrait s'imposer de respecter chacun (et chacune, évidemment, dois-je le préciser) des membres de cette assemblée.


    Qu'elle ait ou non passé, cette motion, qu'en sera-t-il demain ? Serons-nous respectueux ? Abandonnerons-nous les écarts de langage, les insultes sexistes, les propos graveleux, les gestes déplacés, les attaques personnelles ?


    À voir, et surtout à entendre, les commentaires de certains élus (tous sexes confondus), j'en doute.


    Les propos goguenards de certains élus avachis en disaient long lors de la belle intervention de Alia Chaker Mangeat, l'indifférence ostentatoire de deux élues (pourtant souvent victimes elles aussi de propos dégradants, mais sans doute solidaires de la position de leur groupe) ou l'absence criante d'autres précisément lors des prises de parole des conseillères Uzma Khammis Vanini et Amanda Gavilanes attestent qu'il reste encore un travail considérable dans le domaine de l'égalité de traitement et du respect le plus élémentaire.

    Et là, en matière de combat contre le sexisme ordinaire, à gauche comme à droite, il y a du pain sur la planche.