10/02/2016

Respect, mon cul !

Conseil municipal. Débat sur le respect, et particulièrement sur le respect pour les femmes au sein de l'assemblée.


Nous avons voté selon un schéma assez attendu gauche-droite.


Cela n'a qu'une importance infime puisque chacun de nous, élu, ferait mieux de se conformer à une ligne de conduite individuelle, et devrait s'imposer de respecter chacun (et chacune, évidemment, dois-je le préciser) des membres de cette assemblée.


Qu'elle ait ou non passé, cette motion, qu'en sera-t-il demain ? Serons-nous respectueux ? Abandonnerons-nous les écarts de langage, les insultes sexistes, les propos graveleux, les gestes déplacés, les attaques personnelles ?


À voir, et surtout à entendre, les commentaires de certains élus (tous sexes confondus), j'en doute.


Les propos goguenards de certains élus avachis en disaient long lors de la belle intervention de Alia Chaker Mangeat, l'indifférence ostentatoire de deux élues (pourtant souvent victimes elles aussi de propos dégradants, mais sans doute solidaires de la position de leur groupe) ou l'absence criante d'autres précisément lors des prises de parole des conseillères Uzma Khammis Vanini et Amanda Gavilanes attestent qu'il reste encore un travail considérable dans le domaine de l'égalité de traitement et du respect le plus élémentaire.

Et là, en matière de combat contre le sexisme ordinaire, à gauche comme à droite, il y a du pain sur la planche.

13:33 Publié dans Conseil Municipal, Humeur | Tags : respect, indiférrence, sexisme | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |

03/01/2016

Rien de neuf

Très sincèrement, je n'aime pas le Nouvel An et tout ce qui s'y rapporte.

Chaque année son lot de vœux, de congratulations, de souhaits plus ou moins vides de sens et de sincérité. Les gens fêtent artificiellement le bête passage d'un jour à l'autre, accessoirement celui d'un mois et d'un an, comme si leur vie se jouait dans ce passage.Ils s'embrassent, hurlent, festoient et célèbrent, alors que demain ils recommenceront à s'ignorer et à se concurrencer.

Je ne me lancerai donc pas dans une litanie de vœux convenus (santé, amour, prospérité), ni ne formulerai de projets de société, pas plus que je ne verserai dans les résolutions de pacotille.

Je n'aurai qu'une pensée. Pour les enfants. Les nôtres. Les autres. Donnons-leur du calme et de la sérénité. À tous.

22:03 Publié dans Humeur | Tags : nouvel an, voeux, souhaits, résolutions | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

11/12/2015

Inquiétude. Quelle inquiétude ?

« L'inquiétude monte dans la population », commente la Tribune dans son édition du 11 janvier, à propos du signalement d'un hypothétique séjour de supposés terroristes dans notre ville. Je n'ai pas pour habitude de donner des leçons de déontologie à la presse, mais là je fulmine.

Chère Tribune de Genève, qu'est-ce qui  t'autorise à prétendre que la population est inquiète ? En te faisant le relais d'une telle allégation, non seulement tu crées cette inquiétude, mais tu l'entretiens. Auprès de combien de représentants de cette "population" as-tu éventuellement enquêté ? Et dans quel périmètre ? Était-ce au-delà d'un trottoir entre la rue des Rois et la rue du Stand ? Certes, tu es allée « prendre la température » du côté de l'aéroport, de l'Onu et de la gare. Mais pour y constater quoi ? Tout bonnement rien, mais avec l'art consommé du pyromane-pompier pour le dire.

Je détaille : « Un conducteur (…) a fait naître des rumeurs ». L'aveu tient déjà dans cette simple phrase, tu aurais pu en rester là, chère Tribune, et mettre ainsi fin à l'article, mais le goût de l'investigation certainement te pousse à chercher plus loin. Tu découvres alors qu' « aucune information ne faisait état d'une menace précise ». Qu'à cela ne tienne, tu tiens déjà un sujet, presse le citron et communique via le net cette non-information. Et ça marche ! puisque, très vite, tu rencontres des gens te disant « on a lu qu’il y avait des menaces d’attentat à Genève ». Lu ? Tiens donc ! Mais où, sur le site internet de la Tribune ? Celle-là même qui enquête pour constater qu' « on n’en sait pas plus » ? Plus loin, dans ton article, tu lâches, comme prise d'un remord, ce commentaire d'une passante « c’est pour le moins inquiétant d’avoir appris cela par la presse ». Eh oui, c'est inquiétant ! Il ne te reste plus qu'à terminer ton article par un peu d'objectivité, enfin, avec cette conclusion : « pas trace d’effervescence (…) rien n’est visible (…) la frénésie des achats de Noël semble avoir pris le pas sur l’anxiété ».

Chère Tribune, la rumeur n'est pas de l'information, le sondage n'est pas du reportage, l'à-peu-près n'est pas du journalisme.


Si aujourd'hui des gens ont peur, ce n'est pas parce qu'un boys band armé jusqu'aux dents massacre tout ce qui bouge autour du Jet d'Eau, c'est bien parce qu'une rédaction irresponsable distille de la rumeur et se repaît de sensationnalisme.

 

13:30 Publié dans Genève, Humeur | Tags : presse, rumeurs, inquiétude | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |