17/12/2014

"A tous ceux qui raillent mon nom de jeune fille..."

Lundi 15 décembre, quelques minutes avant que les élus du Municipal ne votent le budget de la Ville de Genève, les différents représentants des formations prenaient parole pour exprimer leur intention de vote.

CM.jpgLa dernière à s'exprimer, Mme Fabienne Aubry-Conne, le fit en quelques mots dont voici les derniers : «J'ai essayé de voter au plus près de ma conscience et au plus près de mon éthique, et vous transmettrez, Monsieur le Président, à tous ceux qui raillent mon nom de jeune fille, que c'est Conne et j'en suis fière».

Déclaration suivie d'applaudissements provenant des bancs de la gauche.

Curieusement, personne dans la presse ou sur les réseaux sociaux ne semble avoir remarqué cette discrète intervention pourtant si lourde de sous-entendus. Pas la moindre interrogation sur le sens de ces paroles. Comme une omerta.

Un peu d'histoire : Mme Aubry-Conne a été élue en tant que PLR, elle même libérale à l'époque, mais a quitté ce parti en cours de législature. Elle siège depuis en tant qu'indépendante, ce qui ne lui donne pas droit à la moindre participation à une commission ou à la rédaction d'un rapport. Cependant ses droits et devoirs demeurent les mêmes que pour tout autre membre d'un parti. Depuis sa séparation d'avec le PLR, il semble que les relations soient devenues extrêmement difficiles avec ses anciens collègues de parti.

Ce qui est arrivé lundi soir, et que tout le monde tait malgré ce qui a filtré au travers des micros de Léman Bleu diffusant en direct la séance, c'est qu'à chaque vote, Mme Fabienne Aubry-Conne a été chahutée, houspillée par certains élus, dont les voix provenaient des bancs PLR. Des voix masculines, goguenardes, grossières. Des attaques, que le règlement du Conseil Municipal appelle «violation d'ordre» car elles étaient des paroles «portant atteinte à l'honneur ou à la considération» (Art. 40, 2c).

Bien sûr, ces élus, ces représentants honteux de notre population, nous diront qu'ils n'ont rien fait, insistant sur une subtilité entre sémantique et syntaxe, précisant qu'ils ne se sont bornés qu'à interpeller cette députée esseulée par son nom.

En insistant lourdement, très lourdement, sur son nom de jeune fille : Conne.

Bassesse de pauvres types, lâcheté d'arrogants élus. Démonstration de soudards.

 Je sais ne pas être le seul à être révolté par la tournure infamante que prennent nos débats politiques parlementaires, et j'espère que nos représentants se montreront dignes à l'avenir des voix que nous leur avons confiées. Toutes tendances politiques confondues.

 Je témoigne ici, mon soutien à Mme Fabienne Aubry-Conne.

01/12/2014

Grève (inspiré de Martin Niemöller)

Gate Gourmet, Espaces Verts, TPG, grève

Quand les employés de Gate Gourmet ont fait la grève,
je ne les ai pas soutenus,
je ne prends que des avions sans repas à bord.

Quand le Service des Espaces Verts a dénoncé ses conditions de travail,
je n’ai pas soutenu,
ils devraient être contents de travailler dehors.

Quand ils ont baissé les aides sociales,
je n’ai rien dit,
je n’en ai pas besoin.

Quand les TPG ont fait grève,
je m'en foutais,
j'avais ma bagnole comme tous les jours.

Quand ma boîte m'a viré,
Y en a pas eu un
pour m'aider.

17:43 Publié dans Genève, Social | Tags : gate gourmet, espaces verts, tpg, grève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/11/2014

Bien à gauche... mais maladroite !

 

Je n'ai ni vocation, ni envie de défendre Mme De Haller dans ce qu'il convient d'appeler « l'affaire de l'appartement », je me pose simplement différentes questions concernant cette attribution.

Il est évident que je pars du postulat que sa candidature a été retenue parce qu'elle répondait aux critères ; sinon ce blog serait tout bonnement inutile et l'affaire purement scandaleuse.

Justement, quelles sont ces conditions d'attribution : un vote réunissant tous les représentants des partis au Conseil Municipal et des représentants du Conseil Administratif valide le choix du lauréat. Il y a donc une décision prise par un collège de partis et non un cadeau fait entre camarades. C'est donc un consensus et non des pressions qui ont conduit à cette décision.

De plus, certains éléments sont déterminants, notamment habiter sur la Commune, le taux d'occupation de l'appartement et la situation d'urgence. Sur ce dernier point, il y a lieu de s'étonner : Mme De Haller et son mari n'étant pas des citoyens lambdas, et le salaire connu du ménage n'étant pas des plus précaires, on est en droit de penser qu'il y avait peut-être une chance pour eux de trouver assez rapidement un logement sans être à la rue (cette affaire en est d'ailleurs l'éclatante preuve).

Ce qui me trouble le plus, c'est que je n'arrive pas à croire que d'autres candidatures n'aient pas « passé la rampe ». Le couple De Haller était-il vraiment le meilleur dossier ? Et si oui, comment est-il possible qu'entre le moment où leur dossier a été déposé et le moment où la réponse positive a été donnée, il ne se soit passé que deux petits jours ? Alors que certains traitements durent des mois, que des citoyens n'en peuvent plus d'attendre, et d'attendre encore.

Quid de ce délai si bref ? Quelqu'un a-t-il « conseillé » au couple De Haller de déposer son dossier ? Qui et pour quelles raisons ? Ont-ils eu l'assurance en le déposant que la requête serait positive ? Si oui, par qui ?

Tant de questions qui me rongent en tant que citoyen, d'abord. Et en tant que camarade d'autre part, car que l'on le veuille ou non, comme lors de l'affaire de l'appartement de Mark Muller en son temps, l'affaire est politique. Parce qu'elle est et sera exploitée à des fins politiques.

Comment, dans la position de Mme De Haller peut-on espérer une seconde que cela ne s'ébruitera pas ? Comment, avec un tant soit peu de conscience du monde médiatico-politique actuel a-t-on encore la naïveté de penser que les citoyens trouveront cela normal ? Quand bien même, dans ce cas comme dans le cas de Mark Muller aucune loi n'a été contournée.

C'est pourquoi, la seule issue possible à mes yeux est que le couple De Haller renonce à cette attribution.

 

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18:22 Publié dans Genève, Logement, Social | Tags : genève, de haller, appartement | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |