15/12/2015

Mon intervention contre la coupe de 10% sur le budget culturel en ville de Genève

Mesdames et Messieurs de la droite échancrée, je pense que « sabrer dans le budget » est pour vous « un projet de société ».

C'est un projet petit, car il transpire la revanche.

C'est un projet cynique, car il assume son mépris pour une part importante de la population.

C'est un projet glacial, car il marque le début d'une série d'attaques sur les personnes les plus précarisées.

C'est un projet triste parce que vous n'avez plus de rêve.

Je n'articulerai aucun chiffre, cette comptabilité je vous la laisse. Elle ne vous arrange que trop pour jeter un voile de pudeur sur des situations que vous feignez d'ignorer, mais que nos citoyens doivent connaître.

Le magistrat Sami Kanaan vous l’a dit : ces coupes maladroites, inconséquentes auront des répercussions réelles dans les projets culturels. A qui espérez-vous faire croire que ces amputations n’auront aucun effet humain ?

Selon les secteurs:

C’est l’encouragement à un jeune auteur qui sera supprimé.

C’est le mandat d’un administrateur à renégocier.

C’est un décor à abandonner.

C’est des costumes qui ne verront pas le jour.

C’est un moyen-métrage qui sera court.

C’est un concert qui sera annulé.

C’est un enregistrement qui ne se fera pas.

C’est une maquilleuse qui restera au chômage.

C’est une tournée qu’il faudra repousser.

et j’en passe…

Et donc autant de livres qui ne verront pas le jour, de productions qui seront fragilisées, de renoncements esthétiques, de carrières empêchées, de chômage prolongé, et surtout – surtout – et c’est là le paradoxe, autant d’occasions pour des entreprises culturelles de générer du rendement autour de leurs projets.

On vous l’a assez dit, mais il semble bon de vous le rappeler : chaque franc investi dans une subvention en rapporte davantage à la collectivité.

C’est vraiment regrettable pour ne pas dire IGNARE de vous priver, de priver nos citoyens de cette manne indirecte.

Le voilà, votre projet de société, Mesdames et Messieurs de la droite évasée :

AUJOURD'HUI: suppressions pures et simples de certaines manifestations culturelles ET QUOI DEMAIN ?

AUJOURD'HUI: mise en danger de la diversité de notre scène locale ET QUOI DEMAIN ?

AUJOURD'HUI: offres culturelles et accès à la culture réduits ET QUOI DEMAIN ?

AUJOURD'HUI: restrictions dans l'édition et la publication ET QUOI DEMAIN ?

AUJOURD'HUI: frein à la promotion d'auteurs, de chorégraphes, de metteurs en scène, de musiciens, et de tous nos talents émergents ET QUOI DEMAIN ?

AUJOURD'HUI: pertes d'emploi dans de nombreux secteurs ET QUOI DEMAIN ?

Demain, et dans un an, et les ans qui suivront vous continuerez cette destruction têtue de tout ce qui peut constituer une politique cohérente en matière de lien social, d'intégration, d'égalité, de solidarité, de lutte contre l’exclusion.

Vous vous acharnerez de manière forcenée à vous en prendre à tout ce qui élève l'humain. Oui ! votre projet de société est de mener une politique de castes.

Il y a quelques semaines, Mesdames et Messieurs de la droite boursoufflée, vous faisiez vos sucrées pour quelques coups de peinture sur des vitrines, mais aujourd'hui vous vous comportez comme des vandales.

Oui, Mesdames et Messieurs de la droite superprotéinée, votre projet de société est un projet de vandales ; vous vous en prenez à toutes ces personnes déjà précarisées, pour les exclure un peu plus.

Vous ne voulez pas d'assistés ? Mais vous les créez !

Vous fustigez les chômeurs ? Mais vous détruisez les emplois !

Vous déplorez qu’il y ait trop de bénéficiaires de l'Hospice ? Mais vous leur ouvrez la porte !

Voilà pourquoi votre projet de société est petit, cynique, glacial et triste.

Quand il voyait que l'on coupait dans le budget des arts au nom de l'effort de guerre, Winston Churchill demandait : pourquoi alors nous battons-nous ? Oui, pourquoi ? Quel est votre projet de société, Mesdames et Messieurs de la droite élastique ?

Nous ne sommes pas en guerre, Mesdames et Messieurs de la droite empâtée, ne la déclarez pas à la population, ne vous trompez pas de cible, et renoncez à ces coupes ravageuses.

02:29 Publié dans Conseil Municipal, Culture, Finances, Genève | Tags : culture, budget | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

28/10/2015

Humanisme de pacotille

Lors de la séance du 27 octobre du conseil municipal de la ville de Genève, le MCG a déposé une motion demandant que l'Usine serve à accueillir les réfugiés syriens le temps que des logements d'accueil standards soient mis à disposition. Le PLR et l'UDC ont soutenu cette motion.

Grand moment de l'histoire genevoise que de découvrir cette droite décomplexée se rendre à la raison "d'une augmentation du nombre de réfugiés que Genève se doit d'accueillir" (je cite le texte de la motion).

Grand moment que de découvrir la droite décomplexée se soucier "de trouver rapidement des lieux d'accueil convenable pour les familles des réfugiés syriens" (je cite).

Grand moment enfin, que de constater que la droite décomplexée se rend enfin - enfin ! - à la raison en utilisant le terme de réfugiés. De réfugiés, oui, et non de migrants.

C'est beau ! C'est beau de voir le MCG, un groupe souvent moqué, voire stigmatisé pour ses positions assimilables à de la xénophobie, se ranger enfin à des valeurs généreuses et humanistes.

Tout cela est beau ! Serait beau, devrais-je dire, s'il n'y avait dans cette motion l'utilisation politicienne, politicarde même, et l'instrumentalisation d'humains en situation d'urgence qui méritent davantage que cet intérêt de pacotille.

Les réfugiés ne sont pas un gadget.

Les réfugiés ne sont pas un hochet que l'on agite pour servir les basses manoeuvres d'un chantage qui dégrade les auteurs de cette motion et ceux qui l'ont soutenue.

13:55 Publié dans Conseil Municipal, Humeur | Tags : réfugiés, usine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/03/2015

Un stand parmi d'autres instants

 

Tous ceux que je rencontre dans les rues, au hasard d'un stand, parce qu'une main s'est tendue vers un dépliant vantant les mérites de tel ou telle candidat(e), parce qu'un regard a accroché un slogan sur une affichette.

 

 

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09:01 Publié dans Conseil Municipal, Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |