24/07/2017

Ma vie de stagiaire III

(Je relaie ici le journal d'un stage de deux semaines effectué dans un foyer de jour pour personnes âgées. Humeurs ou réflexions sur l'animation socio-culturelle.)

 


Jeudi 20 juillet.
 
Brecht disait que "pour enseigner il fallait d'abord être disposé à apprendre" ; j'ai toujours adhéré à cette formule quand je formais les acteurs ou les réalisateurs, parce que c'est ainsi que je trouvais mon content: en m'interrogeant sur ma pratique régulièrement questionnée par leur apprentissage.
 
Ce principe, je le retrouve aujourd'hui, mais je suis l'apprenant. Un apprenant particulier, diplôme d'accompagnement en poche et 30 ans de pratique théâtrale dans les pattes, je suis sensé être déjà un soutien, un bras, une aide probante pour les clients du foyer.
 
Or, je ne sais rien.
 
C'est la part de merveilleux qu'il y a lorsque l'on travaille "sur l'humain", hormis les techniques, les procédures et le protocole, chaque personne est un coffre à mille serrures. Bien malin qui prétenderait ne détenir ne serait-ce qu'une seule des clefs.
Il faut partir à la rencontre, parler ou ne pas parler, toucher ou ne pas toucher, être toujours là, n'être jamais trop présent.
 
Dans tous les balbutiements du stagiaire composant plus avec son vécu qu'avec une véritable expertise, modelant son intervention sur la "matière humaine", il est toujours un moment où le rapport s'inverse, et où d'un geste ou d'un regard, la personne en face de moi me guide et me transmet comme un savoir. Ou comme un cadeau, telle cette dame au regard azur me soufflant "j'ai confiance en vous".

09:00 Publié dans Aînés, Humeur, Social | Tags : accompagnement, foyer | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

On ne peut que vous donner raison ! il faut savoir rester à l'coute des handicapés de la vie pour qui les médias ne sont pas un jardin de roses pour les encourager à mieux vivre
Notre Génération a eut de la chance en vivant avec des gens nés entre 1850 et 1900 avec tous on a appris à quoi ressemblerait dans les grandes ligne notre vieillesse
Grâce à tous le bateau des illusions fut très vite remplacé par celui des coudées franches pour s'affirmer dans un travail ou un autre peu payé mais l'essentiel étant d'avoir l'esprit occupé afin de ne point trop réfléchir à ce monde qui longtemps renia les plus faibles
Vous me direz que rien n'a changé ou presque puisque nous sommes remis aux oubliettes car fatigués et usés par les batailles de la vie c'est comme si nous faisions honte ou peur aux plus jeunes
Mais n'est ce pas ce qui était déjà ressenti par nombre de nos anciens ?
Belle journée

Écrit par : lovejoie | 25/07/2017

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Vous semblez avoir trouvé un chemin qui vous permet de pratiquer dès les premiers contact. Bravo aux autorités qui permettent cela.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2017

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