13/11/2016

A l'abri

Cette semaine, les abris de la protection civile ont ouvert leurs portes avec trois jours d'avance. Réactives à la réalité des conditions météorologiques, les équipes, fortes de 16 ans d'expérience, sont préparées pour l'accueil des sans-abris.

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J'ai visité vendredi l'abri des Vollandes, une structure souterraine aménagée pour l'accueil de 100 personnes (des hommes exclusivement, d'autres abris étant destinés aux femmes ou aux familles) dans un environnement spartiate. Il ne faut évidemment pas croire les rumeurs ou les fantasmes visant à faire croire que la vie est douce dans un abri. Non ! L'abri est une trêve dans un combat contre le froid, la faim, l'insalubrité; et ses bénéficiaires restent sous le joug d'une violente précarité. 

C'est pour cela qu'il est important de saluer les efforts conjugués des bénévoles, des travailleurs sociaux, du personnel hospitalier, des pompiers, des agents municipaux, des gendarmes, et de toutes les personnes qui s'activent pour encadrer cette population fragile. 

Mais l'abri n'est pas uniquement le lieu où manger un repas et dormir au chaud, il entretient également un lien entre chaque personne accueillie et la société, et lui offre le minimum d'hygiène indispensable. Grâce à un projet pilote engagé entre le Département de la cohésion sociale et de la solidarité de la ville de Genève et la Camsco (Consultation ambulatoire mobile de soins communautaires), un accès aux soins est également possible par du personnel qualifié. On l'ignore mais vivre dans la rue diminue de moitié l'espérance de vie d'un sans-abri. C'est également pour ces raisons que la ville s'est donné l'objectif "zéro sans abri" pour cette législature. Voici pour les vœux et les constats.

Maintenant, dans une des villes les plus riches au monde, qui accueille les plus grosses fortunes étrangères, comment tolérer une telle disparité ?

Tout élu vous dira avec le visage compassé, et quelle que soit sa famille politique, qu'il est absolument indécent qu'au XXIème siècle, dans nos démocraties, de telles situations persistent (voire se multiplient). Au passage, je rappelle que le Conseil Municipal, sur proposition du magistrat d'extrême-gauche, vient de voter à sa majorité l'achat d'un appartement de l'immeuble "La Clarté" pour la "modique somme" (termes employés) de 1'300'000 francs.

Il n'y a pas comme d'aucuns le prétendent une complaisance du pauvre à rester pauvre. La précarité, la pauvreté, la misère sont créées de toutes pièces par des multinaltionales avides de redistribuer des dividendes à leurs actionnaires, par le dumping salarial, et par une politique néolibérale qui s'en prend aux plus faibles pour favoriser les riches. Genève doit changer de cap. Non pas en réduisant sa dette (virtuelle) par de l'austérité génératrice de davantage de pauvreté, d'insécurité et de violence sociale, mais en imaginant d'autres pistes (système fiscal plus équitable, meilleure redistribution des recettes, protectionnisme de l'économie locale et nationale, par exemple).

Il n’y a pas de génération spontanée de la précarité.

13:42 Publié dans Genève, Logement, Social | Tags : précarité, sans-abris, pauvreté, économie néo-libérale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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