26/10/2016

Interview sur Radio Cité le 21 octobre 2016

Je relaie ici la retranscription de mon interview à Grand Format (Radio Cité), le 21 octobre 2016

L'abattage des arbres sur la plaine de Plainpalais ne met pas tout le monde d'accord. Pour Stéphane Guex-Pierre du parti Radical de Gauche, les expertises ne sont pas claires et cacheraient des intérêts corporatistes.

Radio Cité: 34 arbres vont être abattus sur la plaine de Plainpalais, comme vous le savez ils ont été jugés comme dangereux par des expertises, tout ceci fait suite à la chute d’un marronnier le jour du jeûne genevois, mais le Parti Radical de Gauche parle déjà d’un déni de démocratie, il veut en effet voir une contre-expertise effectuée. A ce sujet pour en parler, nous sommes avec Stéphane Guex-Pierre, membre du comité du Parti Radical de Gauche.

Stéphane Guex-Pierre: le problème des expertises, c’est qu’elles ne sont faites que par une entreprise, donc on peut éventuellement se poser la question de savoir s’il y a une vraie indépendance à ce niveau-là, et puis si je me base simplement sur la lecture de la dernière expertise, vous l’avez vue comme moi, tout le monde annonce un chiffre de 34 arbres à abattre, or en lisant l’expertise et en partant du principe que tous les arbres moribonds ou tous les arbres pourris sont à abattre, j’ai beau faire le calcul dans tous les sens, je n’en trouve pas 34, mais que 24. Donc ça veut dire que sur une simple suspicion on va en abattre 10 supplémentaires. Là c’est ma première méfiance, elle correspond à la méfiance que j’ai eue lors de l’abattage des arbres dans la nuit du 9 au 10 septembre, où des arbres ont été abattus et les souches ont été immédiatement occultées en mettant des cônes en plastique ou des plaques en métal dessus, et d’autres arbres n’avaient pas cette occultation. La seule différence qu’on pouvait faire en observant ces arbres abattus, c’est que ceux qui étaient à la vue de la population étaient effectivement pourris, ou montraient des traces manifestes de pourriture, alors que les autres, ceux qui étaient occultés par des cônes ou des plaques métalliques, après arrachage de ces protections, on voyait qu’il n’y avait pas, manifestement, de pourriture. Donc j’en viens à soupçonner une espèce de coup de force, qui serait d’abattre un maximum d’arbres avant la votation du 27 novembre, pour mettre la population devant le fait accompli, et l’obliger par conséquent à voter oui à ce projet de rénovation.

Radio Cité: Pour vous il s’agit vraiment d’un déni de démocratie?

Stéphane Guex-Pierre: C’est un vrai déni de démocratie! En admettant (je me mets à la place du magistrat) que le périmètre soit dangereux, on pourrait très bien protéger la population, éventuellement offrir des soutiens à certains arbres, couper des branches mortes, retenir les arbres si besoin, tant que la votation populaire n’a pas eu lieu. Là j’ai vraiment l’impression que par cette manoeuvre, qui tombe - selon qu’on se place d’un côté ou de l’autre - extrêmement mal ou extrêmement bien, on influence la votation et son résultat.

Radio Cité: Il y aurait des intérêts économiques et corporatistes derrière cette manoeuvre et Rémy Pagani serait en cause selon vous, est-ce que vous avez des faits pour étayer ça?

Stéphane Guex-Pierre: Il y a trois rapports de la Cour des Comptes, le premier qui date de 2013, ensuite un rapport de 2014, un rapport de 2015. Le premier rapport en 2013 - qui avait été d’ailleurs diligenté suite à des demandes de conseillers municipaux - relevait un certain nombre d’inquiétudes de la Cour sur des irrégularités. Irrégularités – entendons-nous bien - au sens large, cela ne veut pas forcément dire malhonnêteté, cela peut être des maladresses ou des mauvaises façons de faire les choses. Donc, suite à ce premier examen du projet de rénovation de la Plaine, la Cour des Comptes avait fait une série de recommandations (de mémoire 17, sauf erreur). Parmi les recommandations, il y avait notamment des inquiétudes de la Cour sur des Comptes concernant les offres de marchés publics, être sûrs que tout se faisait dans une parfaite légalité. La parfaite légalité, - là aussi il faut y mettre des précautions d’usage - cela n’entend pas nécessairement malhonnêteté, cela peut entendre simplement que des choses se font, et qu’elle ne se font pas selon un cahier des charges précis, même si au bout du compte l’opération est parfaitement légale.

Radio Cité: Donc vous réclamez une contre-expertise?

Stéphane Guex-Pierre: Idéalement, la contre-expertise devrait être faite par un dendrologue, un spécialiste des arbres qui n’aurait aucune chance, on va dire, d’être appelé à replanter des arbres ou à travailler sur ce projet dans les mois à venir.

 

 

http://www.radiocite.ch/cite-mag.html

10:39 Publié dans Genève, Plainpalais, Votations | Tags : 27 novembre 2016, arbres à abattre, expertise, cour des comptes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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