27/01/2016

Pour 1500 briques t'as plus rien. Sauf Jean Nouvel.

Dans le cadre de la réalisation du CEVA, l’État a commandité un rapport d'experts afin d'évaluer les risques de surcoût et leur provenance. Il en ressort que ce sont bel et bien 200 millions de francs de risque de surcoût qui sont confirmés non plus comme des « risques » mais des probabilités. Et ce dans un canton dont la dette à ce jour avoisine les 14 milliards.

Parmi ces surcoûts que l’État va nous imposer, attachons-nous particulièrement à un poste. Un seul.

Je ne le choisis pas par hasard, je le sélectionne parce qu'il est en tête de tous les risques de surcoût, d'une part, et qu'il intéresse la population pour une autre raison également, puisque la personne impliquée dans les causes de ce surcoût probable est un partenaire majeur d'un autre grand chantier qui a une actualité à Genève.

Je veux parler des « briques de verre » conçues par Jean Nouvel pour cinq stations du CEVA. Ces espèces de blocs translucides n'existent pas sur le marché, ils sortent tout droit de l'imaginaire (fertile, certes) de Jean Nouvel, mesureront un peu plus de cinq mètres de long pour moins de trois mètres de large, et seront au nombre de 1'500. On estime aujourd'hui que ces « parois transparentes » coûteront au canton 45 millions de plus que prévus.

Vous avez bien lu! Chaque brique de Jean Nouvel coûtera 30'000 francs de plus.

Un peu comme si l'on vous annonçait qu'entre le moment où vous l'avez pris en rayon et le passage à la caisse, votre baguette avait augmenté de 100 francs! Pire, le rapport conclut que le risque de surcoût du travail de Jean Nouvel est plus probable (et plus cher!) que si le terrain venait à s'affesser entre Champel et Pinchat suite aux travaux de percement!

Voilà qui devrait nous alerter, nous citoyens genevois, au moment de se prononcer le 28 février à propos de la rénovation et l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire.

Rappelons que l'estimation des travaux du MAH a déjà été réévaluée (de 40 à 80 millions, puis aujourd'hui à 140 millions), rappelons qu'aucun plafond n'a été prévu au niveau des dépenses de ces travaux, rappelons que le budget avancé ne tient pas compte des coûts de fermeture du musée durant les 6 ans de travaux, rappelons surtout le parcours de Jean Nouvel dans son implication des surcoûts de chantiers emblématiques :

la Philharmonie de Paris (budget 110 millions d’euros, coût effectif à ce jour 390 millions d’euros), les bains des Docks du Havre (budget 20 millions, coût final majoré de 35 %, soit 7 millions supplémentaires), le Kultur und Kunst Zentrum de Lucerne (réparations urgentes du toit après 12 ans seulement alors qu'il devait tenir 80 ans : 30 millions), ou l’opéra historique de Lyon (budget 13 millions d’euros, coût réel 70 millions).

Un dernier rappel, et non des moindres. Les partisans du projet du MAH nous rebattent les oreilles pour asséner qu'une partie des coûts est prise en charge par des financeurs privés. C'est vrai.

Mais ils oublient de préciser qu'en cas de dépassement de ces coûts (et nous constatons que cela risque d'être inéluctable), c'est la seule Ville de Genève qui en assumera financièrement le poids. Autrement dit chaque contribuable, dans une ville dont la dette est aujourd'hui de 1 milliard 500 millions.

15:47 Publié dans Culture, Genève, Votations | Tags : jean nouvel, mah, dépassement, budget | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

26/01/2016

Le président qui fait long feu

La fonction de président du Conseil d'Etat expliquée à mes enfants:


- Est-ce que ça sert à punir les présidents de conseils municipaux dont l'attitude ou les paroles seraient déplacées ?
NON, il n'a pas la compétence, dit-il.

- Est-ce que ça sert à intervenir et à poser son autorité lorsque des voyous ou des vandales saccageraient des vitrines ou s'en prendraient à des monuments culturels publics ?
JE NE CROIS PAS, en tout cas je ne l'ai pas constaté.

- Est-ce que ça sert à se poser en garant des institutions républicaines et démocratiques, et à rassurer la population dans le cas où des terroristes menaceraient notre canton ?
PAS QUE JE SACHE, sinon il se serait déjà manifesté.

Alors, mes enfants, à quoi croyez-vous que ça sert ? Eh bien ça sert à donner son avis sur l'agrandissement d'un musée.

- C'est une sorte de critique d'art ?
MÊME PAS, mes enfants. Même pas.

 

00:15 Publié dans Air du temps, Genève, Grand Conseil | Tags : conseil d'etat, président | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

20/01/2016

Tout ça pour ça

La presse, en l'occurence la Tribune de Genève, interprète les propos du chef de groupe du PDC pour nous qualifier, Pierre Gauthier et moi, de "traîtres", au prétexte que nous avons voté pour ne pas débattre du cas "Thévoz-Medeiros" en plénière. Des "traîtres" à qui le PDC donne raison, comme l'exprime aujourd'hui son communiqué (voir lien). En effet, et comme l'a très bien dit Pierre Gauthier précédemment, le Conseil municipal a d'autres chats à fouetter, notamment un ordre du jour important et des problèmes plus urgents et prioritaires pour le quotidien de nos concitoyens.

Pour rappel, le différend ne s'est pas déroulé dans le cadre du Conseil municipal, et sans être une affaire strictement privée (les propos du président du CM restent préoccupants dans la bouche de quelqu'un qui devrait être le garant de notre démocratie et des valeurs républicaines), il n'en demeure pas moins que la fonction des élus du municipal n'est pas d'arbitrer chaque querelle hors ses murs: s'il avait été accepté, le vote d'hier aurait fait une sorte de jurisprudence qui aurait conduit le Conseil municipal à se prononcer pour des mots entre un élu et son voisin de palier à propos du volume trop fort d'une télévision, ou pour régler un banal litige pour une place de parking, voire à se mêler de problèmes plus privés comme arbitrer des conflits conjugaux. Je force à peine le trait.

Je ne peux que conseiller aux élus qui se prétendent insultés, ou le sont, de saisir le Bureau du Conseil municipal pour ce genre de cas, il est habilité à traiter ces affaires quand elles ressortent d'événements passés pendant les séances. En dehors de ce cas, il est recommandé d'en référer au pénal, c'est plus efficace, moins gratifiant pour l'ego peut-être (puisque cela n'occupe pas les heures d'antenne de Léman Bleu), et surtout cela permet de réfléchir plus profondément sur la pertinence d'une telle démarche.

 

 

http://geneve.pdc-ge.ch/position-du-pdc-sur-laffaire-medeiros/

 

21:12 Publié dans Conseil Municipal | Tags : conseil municipal, medeiros, thévoz | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |