18/10/2015

Abstention, piège à ...

À chaque fin de période électorale, j'ai la même pensée pour toute cette catégorie de la population qui se fourvoie.


Je veux parler des abstentionnistes.


Ceux qui le sont par circonstance. Simplement parce qu'ils ont tardé à remplir leur bulletin, puis passé le délai pour le poster, et eu la flemme enfin de se réveiller suffisamment tôt un dimanche pour faire leur devoir citoyen. Ceux-là, je ne fais que leur en vouloir d'avoir si bêtement loupé un acte aussi important.


Ceux qui disent "n'y rien comprendre". Tant de moyens sont aujourd’hui offerts, il n'est pas nécessaire d'être politologue pour appréhender les enjeux d'une votation et d'en cerner l'objet. Excuses irrecevables.


Mais les pires, ceux que je ne peux comprendre et encore moins pardonner, sont tous ces "bêlants", crachant leur fiel à longueur d'année sur les politiciens qui sont évidemment à leurs yeux "tous pourris, tous complices, tous mêlés à des magouilles, tous à se partager le gâteau". Ils vomissent, ces abstentionnistes, ils brassent de l'air, ils vitupèrent, et les réseaux sociaux leurs offrent des cuvettes suffisamment vastes pour leurs ablutions biliaires.


Ceux-là devraient plutôt retrousser leurs manches et s'engager plutôt que de croire que leur abstention est un geste fort, un acte militant. Ceux-là devraient faire le pas, donner de soi et de son temps à la société et se porter candidats. Ils ont plein d'idées (paraît-il) pour changer ce monde.


Pour ces 2'500'000 autruches la tête enfouie dans leur certitude, il serait temps un jour de comprendre que leur simple vote changerait les choses.

21:33 Publié dans Humeur, Votations | Tags : abstention, vote, citoen | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Bonjour Stéphane,

Vous êtes vraiment dur avec les abstentionnistes. Ne vous est-il pas venu à l'esprit que les discours et programmes des partis se ressemblent tous aux yeux d'une bonne partie de l'électorat?

Toujours est-il que les grandes décisions pour le pays sont déjà prises ailleurs, loin de la petite Helvétie et quels que soient les élus, quels qu'en soient leurs discours, quelles que soient leurs positions. Les bilatérales sont la vache sacrée qu'on ne pourra conspuer. Il est unanimement accordé que le petit pays a besoin de complaire aux affairistes transnationaux et ils sont déjà prêts à se prosterner devant la puissante Commission Européenne, seule habilité à arracher au petit pays son accord entièrement à ses propres conditions. Tout cela qu'on appelle "Négociation", n'est qu'une farce indigeste.

Parmi vos vilains abstentionnistes, une bonne part est réaliste, elle sait que le pays n'est qu'une petite province sans influence, parce que ses maîtres multinationaux pilotent ses instances jusqu'à dicter la rédaction des lois. Vous verrez Stéphane, les accords TTIP seront signés sans que les peuples de l'Union Européenne ne soient consultés et pour eux, pas question de référendum - tout au plus une manif sans incidence sur les volontés de cette Commission Spéciale qui tient leur stylo et qui appose sa signature au nom de tous les peuples européens. La petite Helvétie, elle, elle veut ses Bilatérales qu'il faudrait plutôt dire Unilatérales. Elle veut qu'on la vassalise. Donc ceux-là de vos vilains abstentionnistes, ne veulent pas être le sucre-glace utile à une bourbe économique déjà mal en point. Ça n'est pas une tourte à la crème.

Pourquoi voter pour des personnes? Toutes ne font qu'aboyer ou gémir. Toutes prennent leur désirs pour réalités. Toutes font le pointage des malheurs du peuples sans proposer de solutions. Toutes pratiquent la rétention d'informations ou la désinformation avec la langue de bois.
Évidemment s'il y a des objets proposés en votation, je ne manque jamais de me mobiliser pour accepter ou refuser. C'est peut-être cette seule petite marge de démocratie qui nous reste, les seules preuves d'action sur lesquelles les votants peuvent apprécier et se prononcer.

Plus loin, vous vous désolez et je vous cite:
"Ceux-là devraient faire le pas, donner de soi et de son temps à la société et se porter candidats."

Sachet Stéphane qu'on n'est pas candidat parce qu'on le veut. On peut proposer de l'être et les formations auprès desquelles on se propose, en disposent par acceptation ou par rejet, et elle n'est pas obligée de donner les raisons d'un éventuel rejet. Certainement les convictions et la bonne volonté ne leur suffiront pas.

Encore, faut-il, pour le candidat, connaître le fonctionnement de ces formations et qui sont leurs dirigeants, qui les en constituent pour ne pas se laisser abuser ou griller bêtement, parce que, pour arriver à leurs fins, elles sont prêtes à griller quelques cartouches dans leurs tentatives. Il est donc important de savoir si le candidat ou l'élu est une munition qui sera sacrifiée, il lui est même judicieux de savoir comment et quand. Et là non plus, on ne le dira pas.
J'en ai vu de brillantes carrières professionnelles se laisser briser par excès de confiance ou par aveuglement dû à leurs propres convictions. La cause hélas, est souvent la stupidité des stratèges pour leurs petits calculs tactiques ou dans les échanges de procédés. Un petit commerce d'influences très dommageable. Du maquignonnage!
Une erreur de procédure, un tir trop tôt, un coup de témérité , un bluff ou encore un règlement de compte déguisé de la part de celui qui en a le leadership et c'en est fait du sort de l'autre. Mais la formation en question a bonne conscience, derrière l'écran du consensus où les décisions sont censées se prendre en commun. Plus personne ne s'intéressera plus à l'homme-fusible qui aura sauté ni aux conséquences qu'il devra assumer seul.

Tout cela pour vous dire que les abstentionnistes sont dégoûtés par la nature des hommes coureurs de sièges et du pouvoir. Ils ne sont pas dépolitisés pour autant.

Les gens avisés s'en protègent.
Peut-être, vous aussi, vous en viendrez un jour à vous en protéger et espérons le, à temps. C'est à vous d'en lire les signaux précurseurs.

Écrit par : Beatrix | 20/10/2015

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