27/08/2015

Soixante sept secondes de cauchemar

Première image dans des teintes qui laissent à penser à une pluie de cendres nucléaires, puis un long plan sur le Jet d’Eau au son d’une musique «arabisante» (hommage subliminal à la clientèle des quais et des hôtels de luxe).

Un bras droit dressé, inquiétant, malgré la familière silhouette du Général Dufour, ouvre sur une scène avec un autre colonel - lieutenant celui-ci - Raymond Wicky dans les Bastions avec un enfant à qui il offre un cadeau.

La scène est entrecoupée d’inserts sur un drapeau suisse (hommage répété à Dufour). L'emblème national flotte fièrement et bat le rappel des électeurs patriotes (voire xénophobes ?).

Le paquet cadeau est maintenant ouvert, c’est un stylo Mont-Blanc (dame, on soigne le standing !). Le gamin n’aurait pas préféré que ces 300 balles soient dépensés dans une console de jeu, ou un nouveau smartphone, non, il sait vivre.

Un plan plus tard, un jeune homme de dos, c’est sa main apparemment qui tient le stylo. Il l’aurait donc reçu de l’ancien commandant des pompiers quand il était enfant ? Est-ce cela le secret de cette coiffure bien lisse et de cette nuque bien dégagée ? Je m’interroge encore sur la symbolique de ces nuques : 6 plans sur un clip qui en compte 26, soit près du quart.

Que veulent-ils nous faire comprendre avec ces dos tournés ? Et à qui les tournent-ils ?

Un profil de femme ouvre la troisième partie. Elle marche. Quelques «nuques» marchent également. Au ralenti.

Tout est au ralenti, est-ce le rythme qu’ils veulent insuffler ? Ils sont jeunes mais se déplacent au ralenti, comme terrassés par une implacable gravité, celle de leur veste de costume assurément. La seule représentante féminine a dû passer elle aussi une veste, sans doute pour atténuer la gaîté du motif de sa robe. Elle est rejointe par six hommes et ils marchent béats et subversifs au point de fouler la chaussée au grand mépris du tram et des trottoirs.

Je ne rêve pas de cette jeunesse.

 

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18/08/2015

MOTS DÉMODÉS

Il a le regard franc dit-on. Celui des carnassiers, pas d’un pitbull, non. D’un loup. Le regard du loup, ce fameux loup qui en est un pour son prochain.

Le menton conquérant semble fait pour fendre les flots. Moins chaloupe (encore moins galère) que hors-bord. Il dépasse rarement le cadre, mais comme tout homme d’exception, quand il le fait, il le fait bien.

Il est jeune. Tiens, cela fait bientôt vingt ans que l’on dit qu’il est jeune, c’est dire.

Il a des valeurs :

  • La défense des minorités en est une. (A Genève, les nantis sont encore une minorité.)

  • Il prône la justice sociale. (Plus dans l’exercice du pouvoir judiciaire sans doute que dans le principe moral de droit et d’équité.)

  • Quant à la liberté humaine, il la met en avant pour favoriser l’entreprise individuelle.

Et il est ambitieux ; on lui prête une destinée fédérale, mais c’est connu on ne prête qu’aux riches. Nul ne sait s’il y pense en se rasant, néanmoins il lui faudra marquer des points, prendre une dimension extra-cantonale, et l’on sait bien que ce n’est pas en nous surveillant avec des caméras de protection, ni en nous protégeant avec des caméras de surveillance qu’il obtiendra assez de voix. Il faut aller chasser sur d’autres terres, trouver «sa» petite formule, son «nettoyage au karcher» à lui.

Fouler la dignité de quelques êtres humains, surtout si ce sont des «non-entrée-en-matière» qu’est-ce que cela fait. L’écart est plus grand entre requérant et délinquant qu’entre populaire et populiste, mais cela il le sait, au fond de lui. Il crie à l’imposture mais se drape dans la posture.

Mots démodés remis au (dé)goût du jour.



 

21:57 Publié dans Humeur | Tags : genève, pouvoir, imposture | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |