25/03/2015

Un stand parmi d'autres instants

 

Tous ceux que je rencontre dans les rues, au hasard d'un stand, parce qu'une main s'est tendue vers un dépliant vantant les mérites de tel ou telle candidat(e), parce qu'un regard a accroché un slogan sur une affichette.

 

 


Manif3.jpg

Tous ces échanges, tous ces retours, toutes ces agressions verbales aussi, tous ces yeux qui fusillent, qui fuient les miens, qui esquivent, ou qui se plissent d'un sourire complice.

Tous ces débats. Stériles, futiles, fertiles. Enrichissants, embarassants. Animés, passionnés, enfievrés, exaltés.

Toute cette énergie. Toute cette virulence. Toute cette ouverture. Toute cette curiosité. Toute cette intensité.

Tous ces espoirs sans retour. Toutes ces questions sans réponse. Tous ces besoins sans désir.

 Ils se disent déçus, trompés, désillusionnés.

Ils cherchent un travail. Ou un logement.

Ils veulent gagner plus. Ou encore plus.

Ils ne se sentent pas libres.

Ils se sentent menacés.

Ils ont peur.

Pour leurs enfants.

Pour leur argent.

Pour leur pays.

Pour leur culture.

 

Ils détestent la droite. Ou haïssent la gauche.

Cette gauche trop molle.

Cette droite trop dure.

Ou l'inverse.

 

Tous ont une flamme au fond de l'oeil. Le reliquat d'un rêve. Une petite lueur qui dit « je veux encore y croire ».

Tous ces gens qui renoncent à leur pouvoir.

 

 

 

 

09:01 Publié dans Conseil Municipal, Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

A ce niveau-là, ce n'est pas seulement de la politique, c'est de la littérature... J'aime ça.

Écrit par : CA Habegger | 25/03/2015

Bon, honnêtement, ne nous dites-pas que vous aimez vous vendre sur un stand !
Mais je comprends qu'il faille y trouver des compensations.
On renonce à notre pouvoir en le déléguant à des partis et leurs représentants. Vivement une véritable démocratie directe.

Écrit par : PIerre Jenni | 25/03/2015

Oui, j'aime être sur les stands. J'ai fait de la vente de détail, j'ai fait du service dans la restauration, j'ai fait du théâtre, j'ai fait de la formation d'adultes. Dans toutes ces activités, j'ai adoré les rencontres.
Je n'ai donc pas un instant le sentiment de me vendre.

Écrit par : Stéphane Guex-Pierre | 25/03/2015

Les commentaires sont fermés.