13/01/2015

Etat muet

10921807_1528166817455921_1282818184_n.jpg

L'année démarre sur les chapeaux de roue et nous offre, malgré nous, une actualité toujours aussi barbare.

Il n'y a pas nécessairement d'escalade mais plutôt un déplacement. Le terrorisme a bougé, se rapproche et laisse de manière plus visible son empreinte dans nos pays.

Et il gagne déjà.

Le silence assourdissant de nos Conseillers d'Etat en est un exemple. Quelqu'un a-t-il entendu MM. Longchamp, président de notre gouvernement faire la moindre déclaration officielle quant à la position du Conseil d'Etat ? M. Maudet, qu'il ne faut habituellement pas prier pour communiquer aurait-il exprimé une condamnation des attentats de Paris que je n'aurais pas vue ou entendue ? Mme Emery-Torracinta a-t-elle donné une consigne ou invité le personnel enseignant à mener des débats dans les écoles publiques ? Les quatre autres CE, dont certains sont pourtant très présents sur les réseaux sociaux, ont-ils pris position ? Pas que je sache. Droite et gauche unies dans le silence. Lâche.

C'est regrettable.

Comme est regrettable aussi le fait que la parole ait été donnée samedi lors d'une marche hommage. N'aurait-il pas été plus digne de se taire ? Au nom d'une liberté d'expression celle-ci devait-elle se trouver confisquée par quelques individus pas forcément légitimes et ne représentant pas nécessairement la pensée des personnes appelées à défiler ?

 C'est un paradoxe de regretter d'un côté le silence et de l'autre la parole, certes. Certains élus, de tous bords, ont pris position. Mais la parole officielle, celle de nos ministres, celle de l'Etat a fait défaut. Cruellement.

Le peuple a parlé, lui. En se rassemblant dignement, le soir même de l'attentat à Charlie Hebdo, le lendemain soir également et samedi dans une marche silencieuse et digne jusqu'à ce que la récupération viole ce silence.

17:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/01/2015

DU RIRE AUX (L)ARMES

CharlieHebdoSang.jpg

Mourir parce que l'on pointe la bêtise. Mourir parce que l'on dessine un prophète. Mourir parce que l'on plaisante sur la religion. Mourir parce que l'on ne tolère pas l'intolérable. Mourir parce que l'on fait rire.

On meurt de tant de choses.

Tuer c'est plus simple. Au bout d'un meurtre il n'y a jamais qu'une chose. La connerie.

Nous sommes secoués, horrifiés, sous le choc, mais il faudra retrouver la raison. Avons-nous le choix ! Nous devons résister. Ne pas céder à l'intolérance. A aucune intolérance.

Ne sombrons pas dans le repli. Restons collectifs. Les actes de quelques uns ne doivent pas se retourner contre tous. Les morts de collaborateurs d'un journal et celles de représentants des forces de l'ordre sont autant de coups portés à notre système démocratique, dans ce « 11 septembre de la Presse », bien sûr. C'est bien la volonté terroriste que de vouloir briser une cohésion, que d'atteindre à la liberté de penser ET d'exprimer.

C'est précisément dans ces moments où la barbarie vient gratter les plaies de notre société incohérente et intolérante qu'il faut serrer les rangs. Maintenant que la douleur est la plus aigüe qu'il va falloir recourir à la raison et non à la rage.

 

17:07 Publié dans Humeur | Tags : charlie hebdo, intolérance, rire, meurtre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |