26/11/2014

TPG : les syndicats piquent la mouche, le DETA rate le coche

 

Il est indéniable que la grève a été un succès pour ses initiants : le mouvement a été unanimement suivi, aucun véhicule géré par les TPG n'est sorti et n'a roulé. Les employés grévistes ont prouvé leur solidarité, leur esprit de corps, au-delà des tensions internes et des querelles xénophobes qui leur sont prêtées. Ce sont bien tous les rouleurs qui faisaient le piquet de grève et non des Français contre des Suisses. Au passage, prétendre que les Suisses auraient été influencés par leurs collègues frontaliers est insultant, pour les uns comme pour les autres ; il n'y a pas d'éminence grise et perverse d'un côté et de braves naïfs de l'autre. Des personnes responsables, qui se sentent menacées dans leur travail. 160 emplois détruits, c'est quasi le 10 % des employés. Imaginez dans votre famille, sur 10 personnes de votre entourage, nous en choisirons une et nous la licencierons. Quelle serait votre réaction ? Faire corps ou espérer que cela tombe sur quelqu'un d'autre que vous ?

 

Deux sons de cloches s'opposent après cette grève. Et comme toujours, la cloche qui sonne le plus fort n'indique pas nécessairement une messe plus éclairée.

 

J'aimerais m'arrêter un moment sur les deux versions d'un même événement : celle consistant à dire que l'impact de la grève a été de prouver la nécessité d'une prioririsation des transports publics, l'autre appelant à la simple suppression de ce service.

 

Dans la guerre des communiqués et des déclarations provenant des « pro » et des « anti », il était relevé selon les cas que la circulation était plus fluide ou davantage perturbée. Comment expliquer ces deux affirmations ?

 

Il y d'abord, on le sait, le fait que le mercredi est un jour moins chargé au niveau de la circulation. Ensuite, les usagers se sont organisés. Certains, en accord avec leur entreprise, ont pris congé ou sont restés chez eux pour travailler quand cela était possible. D'autres ont découvert le covoiturage ou ont ressorti leur deux-roues (avec ou sans moteur). On sait également que les taxis et d'autres services de transports ont été sollicités. La crainte d'être pris dans les bouchons a également motivé beaucoup d'entre eux à différer ou à avancer leur heure de départ. Et puis beaucoup ont marché. Parmi eux une majorité du centre-ville (dont 41 % des ménages déjà ne possèdent pas de voiture). Il a aussi, sûrement, ce fameux 30 % des automobilistes qui emploie sa voiture pour faire moins de 3 kilomètres jusqu'à son travail qui a eu la folle audace de tenter l'aventure à pied, et qui a vu que c'était possible !

 

Ce soulagement du trafic d'un côté ne s'est pas vérifié partout ; sur certains axes, notamment des pénétrantes, l'engorgement a été beaucoup plus ressenti, ce qui est normal puisque nombre de personnes vivant à la périphérie n'ont pas eu d'autre choix que d'utiliser un véhicule individuel.

 

Alors qui écouter ? Faut-il supprimer les transports publics ou les développer davantage ?

 

Le DETA (Département de l'Environnement, des Transports et de l'Agriculture) a certainement loupé le coche ce fameux mercredi 19 novembre. Cette grève offrait en effet à ce service un test grandeur nature de l'impact de la présence ou de l'absence de transports publics dans certains axes. Il aurait été intéressant d'observer par la statistique la fluidité ou l'encombrement. Et de les mesurer selon que les axes en question soient dotés de sites propres pour la circulation des TPG ou pas.

 

C'était également l'occasion de montrer tout le potentiel de la mobilité douce.

 

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