21/09/2014

Urbanature, n'oublions pas nos jardiniers

Urbanature, programme de végétation temporaire, cela vous dit quelque chose ? Forcément, oui. Ce sont ces spectaculaires installatioParterre_Seve.jpgns que vous avez pu voir dans Genève cet été : fauteuils d'herbe à la place Bel-Air ou place de Neuve, coursives feuillues et fleuries du pont des Bergues, végétalisation de la rue du Marché, et j'en passe. Ce projet, voulu par Guillaume Barazzone, magistrat en charge de l'environnement urbain et de la sécurite de la Ville de Genève, veut offrir, « aux citadins des espaces de délassement, de repos, des respirations entre les constructions1 » selon ses propres dires. Toujours selon le magistrat, « urbanature influe positivement sur la qualité de vie du plus grand nombre2» Soit ! Mais grattons un peu...

Un cinquième du territoire communal est constitué d'espace verts, ce qui en fait l'une des villes les plus vertes d'Europe. Pour entretenir ce patrimoine de 52 parcs et 40'000 arbres, la Ville est dotée du SEVE (Service des Espaces Verts), qui compte 158 personnes3 dévolues à leur entretien. Seulement, depuis quelques années, leurs conditions de travail se dégradent. La raison principale en est la réduction des moyens budgétaires qui vient prétériter l'emploi de nouveaux collaborateurs pouvant renforcer l'équipe. La charge de travail s'est multipliée, notamment avec le projet Urbanature sans que l'effectif augmente. Une analyse des besoins, commanditée pourtant par M. Barazzone lui-même, a pourtant clairement démontré que les équipes étaient en sous-effectif. Cette situation conduit au stress, à la maladie ou à des accidents, donc à des absences non remplacées qui ont pour effet de peser encore plus lourd dans le travail des employés du SEVE. Si l'on ajoute à cela que 30 postes de jardiniers ont été supprimés depuis 2008, on comprend que l'opération Urbanatura est un formidable cache-misère permettant de détourner l'attention de la population sur quelques bouts de moquettes de gazon et des dizaines de pots de laurier (toxiques ou pas), tandis que nos parcs sont négligés.

La commission du personnel du SEVE vient de délivrer un très intéressant communiqué de presse permettant de constater concrètement l'abandon et le déverdissement de nos parcs ; cette démonstration tient en quelques photos comparatives de divers lieux (quai Wilson, quai Gustave-Ador, parc Mon-Repos, parc Moynier, rue de Lausanne, OMC, Uni Bastions) où l'on remarque sans peine que tous les parterres floraux ont été supprimés depuis que le personnel manque. C'est implacable.

Urbanature aurait pour objectif de rendre Genève encore plus verte ; le projet est mensonger ou l'objectif non atteint. Demandons-nous alors si cela ne serait pas alors qu'une vaste opération marketing et cosmétique pour leurrer l'électeur à la veille des Municipales 2015 ?

Hors de toutes ces considérations, on peut espérer que le voeu pieu du magistrat «influer positivement sur la qualité de vie » trouve son aboutissement également dans le quotidien professionnel de nos jardiniers municipaux.

1www.urbanature.ch/vision

2www.urbanature.ch/vision

3Chiffres Ville de Genève, site officiel

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